Modifié le 26 janvier 2017 à 18:47

La campagne sur l'avenir de l'Hôpital neuchâtelois atteint une rare violence

Le site de la Chaux-de-Fonds de l'Hôpital neuchâtelois.
La campagne sur l'avenir de l'Hôpital neuchâtelois atteint une rare violence Forum / 2 min. / le 26 janvier 2017
La campagne atteint une rare violence dans le canton de Neuchâtel, à un peu plus de deux semaines de la votation sur l'avenir de l'Hôpital. Le débat rationnel fait place à des attaques virulentes.

Le scrutin met face-à-face le plan "HNE-demain" du gouvernement cantonal, qui concentre les soins aigus à Neuchâtel et préconise la construction d'un Centre de traitement et de réadaptation à La Chaux-de-Fonds, ainsi que l'initiative "Pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires", un texte qui émane des villes du Haut du canton, et qui souhaite deux hôpitaux de proximité, avec chacun un site de soins aigus.

Mais le débat rationnel entre concentration ou proximité fait place à des attaques et des propos au ton tout à fait inhabituel.

"Menaces, alliances souterraines et réseaux cachés"

Mercredi matin pendant la session du Grand Conseil, deux députés du Haut ont ainsi convié la presse pour présenter "les menaces, alliances souterraines et réseaux cachés" de ce dossier. Selon eux, et sur la base du mail secret d'un ancien médecin de l'Hôpital intercepté, un réseau de médecins du Bas a noyauté le Conseil d'Etat et le conseil d'administration de l'Hôpital neuchâtelois, certains médias aussi, pour défendre une solution qui prétérite les Montagnes.

Un petit groupe tirerait donc les ficelles dans ce dossier, constituant une sorte de conspiration. Les deux députés évoquent encore la peur des employés opposés au projet du gouvernement et qui n'oseraient pas s'exprimer de crainte de perdre leur travail.

Parole libérée sur les réseaux sociaux

Et le climat de cette campagne est encore aggravé par la bataille engagée sur les réseaux sociaux. Dans des messages postés jeudi sur Facebook, un internaute accuse le conseiller d'Etat Laurent Kurth, ministre de la Santé, d'avoir mis La Chaux-de-Fonds "dans une merde noire" et de "vouloir maintenant en faire de même avec le canton".

Un autre donne la parole à des employés réduits, dit-il, au "silence public par la direction" et les remercie d'avoir "bravé la censure". Il déplore "une choquante chape de plomb dans une République libre".

Dans une sorte de pastiche, un député du Haut invente de son côté un message du dirigeant de l'Hôpital s'adressant à son "pote le contribuable", qui a très gentiment repris 200 millions de francs de dettes tout récemment sur les 300 à charge de l'établissement.

Une campagne qui laissera des traces

La campagne, en plein dérapage, s'en prend donc aussi bien à l'institution, aux personnes qu'au Conseil d'Etat. Elle a déjà fait beaucoup de mal au canton et laissera des traces, alors même que le vote sur le Transrun en 2012 avait déjà creusé de profondes cicatrices dans la cohésion cantonale.

Roger Guignard/oang

Publié le 26 janvier 2017 à 18:24 - Modifié le 26 janvier 2017 à 18:47