Modifié le 14 novembre 2016 à 15:51

Les Neuchâtelois décideront du droit de vote à 16 ans "sur demande"

Les initiatives pour le droit de vote des étrangers et pour celui des jeunes dès 16 ans ont abouti à Bâle-Campagne.
Les Neuchâtelois décideront du droit de vote à 16 ans "sur demande" Le 12h30 / 2 min. / le 14 novembre 2016
L'initiative constitutionnelle neuchâteloise "Pour le droit de vote à 16 ans sur demande" a été déposée lundi à la Chancellerie cantonale. Ce texte, qui escompte une démocratie rajeunie, a recueilli plus de 7500 signatures.

Il fallait 6000 paraphes à ce texte soutenu par les partis de gauche, les Vert'libéraux et les jeunes PDC pour aboutir. L'élément singulier était l'ajout du "sur demande", qui instaure la condition qu'un jeune entre 16 et 18 ans s'inscrive pour participer à un vote communal ou cantonal.

"Faire taire les stéréotypes"

En 2013 et 2015, le vote à 16 ans sans condition avait été refusé par le Grand Conseil. Le comité d'initiative a donc choisi une proposition plus modeste. Il se dit aujourd'hui très satisfait d'avoir "fait taire les stéréotypes ou le mythe de l'ado qui ne connaît rien en politique".

Les initiants disent avoir senti une confiance dans la jeunesse, qui "est la société de demain", en récoltant les signatures. Pour le vice-président du Parti socialiste cantonal, Antoine de Montmollin, il s'agit d'une initiative qui va à contre-courant face à "des courants conservateurs, parfois réactionnaires", qui se renforcent. "Dans le même temps", souligne-t-il, "on arrive à récolter 7500 signatures pour une initiative qui porte exactement les valeurs inverses à celles-là, les valeurs qui nous sont chères."

Doper la participation des jeunes

A l'heure où le canton procède à des réformes douloureuses compte tenu de l'état de ses finances, le texte dit la volonté d'aller de l'avant, aux yeux de ses initiants. Il veut surtout combattre des réalités comme une population qui vieillit et une faible participation des jeunes aux scrutins.

Les opposants ont aussi des arguments, reconnaît Antoine de Montmollin: "Il y a une grande peur pour certains que ce soit un vote qui soit utilisé par les parents plutôt que par les jeunes qui reçoivent le droit de vote." Mais l'instauration du 'sur demande' change la donne, relève le président du PS neuchâtelois, "puisque c'est le jeune qui fait la démarche pour aller voter".

Si les citoyens neuchâtelois acceptent cette initiative, ce sera une première en Suisse romande. A ce jour, seul le canton de Glaris a introduit le vote à 16 ans. 

Roger Guignard/oang

Publié le 14 novembre 2016 à 12:41 - Modifié le 14 novembre 2016 à 15:51