Modifié le 24 septembre 2012 à 09:20

Le TransRun enterré par une courte majorité des Neuchâtelois

Le plan de développement de la future liaison TransRun entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.
TransRun devait relier Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. [ - transrun.ch]
Après recomptage, il apparaît que 50,29% des Neuchâtelois rejettent le projet du TransRun reliant Neuchâtel à La Chaux-de-Fonds. Seules 392 voix ont fait la différence.

Les Neuchâtelois ont joué la prudence financière en disant "non" dimanche, de justesse, au projet de RER TransRun qui devait relier le haut et le bas du canton. 50,29% des Neuchâtelois ont ainsi désavoué leurs autorités, contre 49,71% (33'724 non contre 33'332 oui). La participation s'est élevée à 51,5%.

Sur l'ensemble du canton, le non l'emporte pour 392 voix. Les résultats étaient serrés au point de justifier un recomptage des voix en ville de Neuchâtel, dont le résultat devait faire la différence.

Coût chiffré à près d'un milliard de francs

Le coût du projet était estimé à 919 millions de francs, dont 830 millions pour la liaison rapide. Avec les contributions fédérales, et en particulier la participation de 241 millions des CFF, le coût à la charge du canton (60%) et des communes (40%) serait passé de 919 à 560 millions. Le réseau devait voir le jour à l'horizon 2022.

Un sondage MIS trend effectué pour L'Express-L'Impartial et la radio régionale RTN il y a une dizaine de jours indiquait que plus de 47% des Neuchâtelois y étaient favorables, contre 33% contre. Mais la part des indécis restait importante, représentant près de 19% des sondés (lire Les Neuchâtelois seraient favorables au Transrun)

"Investissement pharaonique"

TransRun devait relier Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.
TransRun devait relier Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. [ - transrun.ch]
La création du Réseau express régional a suscité la polémique. Le projet était pourtant largement soutenu par le gouvernement neuchâtelois, les villes de Neuchâtel, de la Chaux-de-Fonds et du Locle, ainsi que par tous les principaux partis politiques, à l'exception de l'UDC. Certains membres du PLR s'y opposaient toutefois.

Les opposants contestaient d'une part "le pharaonisme" de la dépense pour un canton déjà en mauvaise posture financière et, d'autre part, le caractère oppressif en "tout ou rien" du "TransRUN", techniquement rigide et exclusif.

Un nouveau projet "devra être trouvé"

Le projet aurait signifié à terme l'abandon de la ligne ferroviaire actuelle et de la desserte de six gares. Une certaine défiance envers le Conseil d'Etat, dont le fonctionnement et la personnalité de certains de ses membres ont fait l'objet de critiques, s'est aussi manifestée. Le conseiller d'Etat Claude Nicati, en charge du dossier, a toutefois exclu de démissionner et assuré qu'il se présentera pour un nouveau mandat en avril 2013.

Parmi les partis, PLR et PS souhaitent remettre l'ouvrage sur le métier. Un nouveau projet d'amélioration des transports publics devra rapidement être trouvé. Ceci est d'autant plus justifié que le résultat est "extrêmement serré", selon les socialistes.

ats/ptur

Publié le 23 septembre 2012 à 13:07 - Modifié le 24 septembre 2012 à 09:20

Clivage entre le haut et le bas

La ville de Neuchâtel a été la seule commune du district à dire "oui", à 53,8% des suffrages. Les districts du Haut du canton ont été clairement minorisés: celui de La Chaux-de-Fonds a dit "oui" à plus de 70% et celui du Locle à plus de 60%. Mais alors que toutes les communes du district de La Chaux-de-Fonds ont approuvé, celles du Locle ne sont pas unanimes: ainsi, La Brevine a dit "non" à 67,4% des voix.

Comme prévu, le district du Val-de-Travers a refusé le projet, par 72,5%. A La Côte-aux-Fées, ce pourcentage grimpe à 78%. Dans le district de Boudry, seule la commune de St-Aubin-Sauges a accepté le TransRun, de justesse. Le district a refusé par 59% des voix. Le district du Val-de-Ruz a pour sa part rejeté le projet par près de 60%; seule Cernier fait exception avec près de 53% des voix.

Les CFF vont rénover la ligne ferroviaire existante

La liaison ferroviaire entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds se poursuivra sur la ligne existante, ont annoncé dimanche les CFF, prenant acte de la décision des Neuchâtelois.

"Nous allons désormais renouveler la ligne entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds pour la maintenir à un bon niveau et assurer aussi bien que possible le trafic ferroviaire du futur", a indiqué Philippe Gauderon, chef de la division Infrastructure et membre de la direction des CFF.

Les CFF vont lancer les études nécessaires à l'entretien et au renouvellement de la ligne Neuchâtel - Chambrelien - La Chaux-de-Fonds dès ces prochains jours.

Le Conseil d'Etat déçu par le "non" neuchâtelois

Après le refus du TransRun, le Conseil d'Etat s'est déclaré "déçu" que les Neuchâtelois aient "préféré le statu quo à l'audace". "Ils n'ont été ni convaincus par les qualités du projet, ni par la nécessité de le réaliser et ont aussi certainement douté de la capacité du canton à le porter financièrement".

Le gouvernement cantonal entend "mettre au premier plan le rétablissement de la cohésion cantonale" et "souhaite s'engager sur tous les dossiers pour que soit trouvée une voie moyenne, qui garantisse le développement de la région", a déclaré Philippe Gnaegi, président du gouvernement.

Le résultat du vote laisse irrésolu le problème de la rénovation du réseau des transports publics dans le canton. Chef du Département cantonal de l'économie, Thierry Grosjean a qualifié d'"autogoal" le net refus du RER dans les districts du Val-de-Travers et du Val-de-Ruz.

Grande perdante du scrutin, la ville de La Chaux-de-Fonds est "consternée" par le résultat. De l'avis de la conseillère d'Etat Gisèle Ory, elle-même chaux-de-fonnière, sa ville aurait pu faire pencher la balance en faveur du "oui" avec un taux de participation plus élevé que les décevants 46,3% enregistrés dimanche.

Pour le conseiller d'Etat Claude Nicati, en charge du dossier RER, le résultat du vote signifie que le "réseau ferroviaire neuchâtelois sera assaini mais pas transformé" dans le sens du projet d'agglomération soutenu par la Confédération. "Le problème des transports publics n'est pas résolu", a-t-il ajouté.