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Le téléphone au volant plus durement sanctionné dans le canton de Neuchâtel

Neuchâtel: trois contraventions par jour en moyenne pour usage du téléphone portable au volant. Le Ministère public durcit le ton [RTS]
Neuchâtel: trois contraventions par jour en moyenne pour usage du téléphone portable au volant. Le Ministère public durcit le ton / 19h30 / 2 min. / le 11 mars 2021
Trois contraventions par jour ont été délivrées en moyenne en 2019 dans le canton de Neuchâtel pour l'utilisation du téléphone portable au volant. Si ce chiffre est resté stable ces dernières années, le Ministère public neuchâtelois a décidé de durcir le ton.

Dans le canton de Neuchâtel, si une personnes est surprise en train d'écrire un SMS en conduisant, elle sera désormais directement dénoncée au Ministère public. "Un automobiliste peut rouler trop vite, sans s'en rendre compte, ne pas voir une priorité ou un feu rouge. Tout cela peut arriver par négligence. L'utilisation du téléphone portable, c'est délibéré", souligne jeudi dans le 19h30 le procureur général du canton de Neuchâtel Pierre Aubert.

Toujours marquée par le décès en 2017 à La Chaux-de-Fonds d'un scootériste renversé par un conducteur distrait par des achats en ligne, la Police cantonale neuchâteloise accueille positivement ce durcissement de la procédure. L'an dernier, elle a délivré 1126 amendes d'ordre pour téléphone au volant.

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"Cela éclaircit la manière de dénoncer ces infractions. Si nous vous voyons téléphoner, c'est une amende de 100 francs. Si vous pianotez, c'est le Ministère public qui décidera de la peine, qui pourrait être pécuniaire ou avec une peine privative de liberté. C'est pour le volet pénal", décrit Pierre-Louis Rochaix, adjoint du commandant de la Police neuchâteloise.

Le téléphone, l'une des premières distractions

Selon une étude menée par le Bureau de prévention des accidents (BPA), un Suisse sur trois serait distrait au volant. L’utilisation du téléphone arrive en deuxième position des distractions après l'interaction avec les passagers. Mais aussi anodins soient-ils, un coup de fil ou un SMS n'ont pas toujours les mêmes conséquences.

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"Les deux comportements sont à proscrire, puisque les deux sont des sources de distractions. Mais lorsque vous téléphonez, vous regardez la route. Lorsque vous manipulez votre téléphone pour écrire ou consulter un e-mail, vous détournez le regard de la route. Et ce comportement est encore plus dangereux", explique le porte-parole du BPA Nicolas Kessler.

Neuchâtel rejoint ainsi les cantons de Fribourg et du Jura, en Suisse romande, qui dénoncent systématiquement la manipulation du téléphone au Ministère public.

Thomas Epitaux-Fallot/vajo

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