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Les professeurs d'auto-écoles déclarent la guerre aux faux moniteurs

Les auto-écoles en guerre contre de faux moniteurs qui dispensent des cours de conduite à des tarifs cassés. [RTS]
Les auto-écoles en guerre contre de faux moniteurs qui dispensent des cours de conduite à des tarifs cassés. / 19h30 / 2 min. / le 28 juin 2020
Alors qu'il est obligatoire d'être diplômé pour pouvoir dispenser des cours d'auto-école contre rémunération, de nombreuses annonces de conduite accompagnée fleurissent sur internet. Cette pratique illégale agace les professionnels du métier.

Sur internet, il est désormais courant d'apercevoir des particuliers proposer leur service pour des heures de conduite accompagnée, et cela à des prix bien inférieurs à ceux des professeurs d'auto-écoles. Illégale, cette pratique met des bâtons dans les roues des moniteurs professionnels, titulaires d'un brevet fédéral de conduite qui leur confère un droit d'exercer.

"On a des gens en méconnaissance de la loi et qui donnent des leçons pour arrondir leur fin de mois. Il existe également des personnes qui le font de manière presque professionnelle et qui enfreignent consciemment les règles", détaille Stéphane Dumuid, président de la section Neuchâtel Lac de la Fédération romande des écoles de conduite. Pour rappel, ce type d'infraction peut valoir une lourde amende. Celle-ci est susceptible de grimper jusqu'à 10'000 francs.

Des problèmes de sécurité

Alors que les services proposés en ligne défient toute concurrence sur le marché et portent préjudice aux professeurs d'auto-école, le milieu se préoccupe davantage des potentiels dangers sur les routes, comme l'explique Stéphane Dumuid:  "Quand un faux moniteur donne des cours, la voiture n'est pas correctement équipée. Ils ne possèdent pas de double commande ni de rétroviseurs supplémentaires. De plus, il n'a pas la formation nécessaire pour intervenir sur un danger imminent. Au contraire, le véritable moniteur sait ce qu'il fait et opère dans un registre légal."

Si le problème est pris au sérieux par les autorités, Georges-André Lozouet, chargé de communication à la police neuchâteloise, se veut rassurant: "À notre connaissance, le phénomène n'est pas si important que cela. Nous avons répondu aux inquiétudes des professionnels de la branche. Des contrôles ont été effectués par la police neuchâteloise et aucune infraction n'a été constatée."

Pas encore de bilan

À l'heure actuelle, il est encore compliqué d'établir un véritable bilan comptable de cette pratique illégale. En 2019, seuls cinq cas ont fait l'objet d'enquêtes en Suisse romande. Un chiffre cependant bien inférieur aux estimations des professeurs d’auto-école.

La Fédération romande des écoles de conduite a décidé de ne pas se laisser faire et multiplie désormais les plaintes pénales.

Sujet TV: Romain Boisset

Adaptation web: Florian Charlet

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