Modifié le 17 février 2020 à 11:35

Une association travaille sur le premier mouvement horloger libre de droits

A la Chaux-de-Fonds une association cherche à réaliser un mouvement de montre "libre" de droit.
A la Chaux-de-Fonds, une association cherche à réaliser un mouvement de montre libre de droits. 19h30 / 2 min. / le 03 février 2020
Un collectif de professionnels de l'horlogerie basé à La Chaux-de-Fonds est en train de mettre au point le premier mouvement de montre libre de droits. Tous les horlogers et les écoles pourraient reprendre ce mécanisme gratuitement.

L'association à but non lucratif Openmovement travaille depuis maintenant plusieurs années au développement du premier mouvement horloger libre de droits, selon la philosophie open source -un principe qui s'applique traditionnellement plutôt au domaine des logiciels.

Concrètement cela signifie que les plans du mouvement de base "OM 10", actuellement en cours de conception, seront mis dans le domaine public. Horlogers, petits fabricants mais aussi écoles d'horlogerie et simples amateurs pourront ainsi le reprendre gratuitement et le remanier.

En retour, ils devront indiquer la mention OM sur le calibre et donner eux-mêmes l'accès aux schémas des améliorations qu’ils y auront apportées, dans une logique de transparence.

"Utiliser des synergies"

La démarche a vu le jour en 2009. "Cela faisait tout juste deux ans que j’étais à mon compte et je m'étais posé la question: 'comment on peut faire des montres sans forcément [qu'elles] coûtent des centaines de milliers de francs?' Si on peut se regrouper autour d’un même mouvement, on peut utiliser des synergies", a raconté au 19h30 de la RTS Roman Winiger, président du collectif.

S'il aboutit, le projet pourrait faire l'effet d'une petite révolution dans le secteur. Développer et produire un mouvement mécanique "maison" suppose en effet des investissements se chiffrant en millions de francs que seules les plus grandes marques horlogères telles Rolex, Tag Heuer ou Audemars Piguet peuvent se permettre.

Les petits acteurs, eux, sont contraints de se fournir principalement auprès de deux constructeurs, ETA (filiale de Swatch Group) et Sellita. Une forme de dépendance dont ce calibre libre de droits pourrait leur permettre de s'affranchir.

D'autant qu'ETA est sous le coup depuis le 1er janvier 2020 d'une décision de la Commission de la concurrence (COMCO) qui lui interdit de vendre ses mouvements à d'autres marques.

>> Lire: Les mouvements mécaniques de montres d'ETA ne seront plus livrés

Indépendance et innovation

Du reste, les mouvements sont livrés par les constructeurs déjà emboîtés, sans plans, ce qui peut freiner la créativité et risque à terme conduire à une perte de savoir-faire des fabricants, selon Openmovement.

Le collectif espère "apporter de la fraîcheur", "quelque chose qui permettra (...) à beaucoup de gens d’innover et de construire par-dessus", selon les termes d'Olivier Mory, membre de l'association.

Pour Christian Laufer, gestionnaire de l'atelier d'horlogerie chaux-de-fonnier Arrigoni-Laufer, "l’horlogerie est à la recherche de solutions innovantes, de mécanismes additionnels... On a la base et on tourne autour, on rajoute des choses. Ce qui est bien avec ce concept, c’est que le groupe va s'approprier ces choses".

Bénévoles, les membres de l’association "Openmovement" ont besoin de plus de 200'000 francs pour finaliser leurs plans afin de fabriquer les 20 premiers prototypes.

ptur

Publié le 04 février 2020 à 17:07 - Modifié le 17 février 2020 à 11:35