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Un homme écope de 13 ans de prison pour le meurtre de sa mère

Treize ans et 5 ans de prison à La Chaux-de-Fonds après un matricide. [Laurent Gillieron - Keystone]
Treize ans et 5 ans de prison à La Chaux-de-Fonds après un matricide / Le Journal horaire / 18 sec. / le 12 décembre 2019
Le Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds (NE) a condamné jeudi le trentenaire qui a tué sa mère de 56 coups de couteau et tenté de tuer son beau-père à 13 ans de prison. Sa complice écope quant à elle d'une peine de 5 ans.

Le tribunal a retenu le meurtre et la tentative de meurtre contre l'accusé et non l'assassinat comme requis par le Ministère public pour les faits commis en octobre 2017. La procureure avait demandé 16 ans de prison. La peine de réclusion, sous déduction de 304 jours de détention provisoire, sera suivie d'un internement pour trouble mental, en raison du risque de récidive.

Dans le détail, le trentenaire a vu sa peine allégée pour ce dernier facteur, mais alourdie du fait de son casier judiciaire, a expliqué le président du tribunal. Ce dernier a encore estimé qu'il avait agi dans un contexte de conflit intérieur et non pas par futilité.

Complice condamnée

Quant à sa compagne à l'époque des faits, elle a été condamnée à 5 ans de prison finalement. Elle échappe à la qualification de coauteur pour n'être "que" complice d'un meurtre et complice d'une tentative de meurtre. Le Ministère public, qui avait requis 18 ans à son encontre, lui reprochait d'avoir encouragé l'auteur de passer à l'acte.

Le tribunal a relevé que la complice n'avait pas de raison d'avoir agi de la sorte, même si elle avait bu pour "se donner du courage" le jour des faits. Elle n'a pas exprimé de regret pendant le procès. La cour a encore noté qu'elle se trouvait sous l'emprise de l'auteur du meurtre, ce qui lui a valu des circonstances atténuantes.

Sa peine de réclusion sera réduite des 414 jours passés en détention préventive et des 30 jours pour les mesures de substitution. Agée de 32 ans aujourd'hui, mère de six enfants, d'origine étrangère mais possédant la nationalité suisse, elle échappe à une mesure d'expulsion du territoire.

Un rôle important

Mardi, dans les réquisitoires, la procureure a expliqué que l'ex-compagne avait "participé à la naissance, à la préparation et à l'exécution des faits, même si elle n'a pas tenu le couteau par le manche". Selon elle, "sa collaboration était nécessaire pour tuer la mère et le beau-père, s'organisant pour être libre et placer ses six enfants".

Pour la procureure, la responsabilité de la compagne était légèrement diminuée, en raison des rapports de soumission et de peur qu'elle avait avec ses partenaires. Pour l'auteur du matricide, "sa faute était plus grave, mais sa responsabilité diminuée de manière importante et élevée".

La défense plaidait la maladie

Les avocats de l'accusé ont insisté sur le fait que leur client était malade. "Il s'est convaincu progressivement que sa mère et son beau-père voulaient voler son enfant. Sa perception de la réalité était tellement erronée - du fait de son délire - qu'il n'avait d'autre perspective pour se sauver lui et son fils que de tuer sa propre mère".

Le 15 octobre 2017, l'accusé, en présence de sa compagne, a tué sa mère dans un appartement de La Chaux-de-Fonds "en se déchaînant avec violence sur le corps de sa mère au sol", selon l'acte d'accusation. Il a aussi tenté de le faire pour son beau-père, qui a reçu 13 coups de couteau. Ce dernier n'est pas décédé, réussissant à se réfugier chez un voisin.

ats/jfe

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