Modifié le 06 novembre 2019 à 16:41

Le canton de Neuchâtel veut mieux lutter contre la violence domestique

Nicole Baur.
Les députés neuchâtelois veulent renforcer la lutte contre la violence domestique: interview de Nicole Baur Le 12h30 / 5 min. / le 06 novembre 2019
Le Grand Conseil neuchâtelois a accepté mardi soir à l'unanimité d'adapter son dispositif de lutte contre la violence domestique afin de s'aligner sur la Convention d'Istanbul, entrée en vigueur en Suisse en avril 2018.

Le canton de Neuchâtel s'était doté en 2004 d'une loi sur la lutte contre la violence conjugale. Il veut désormais étendre la législation à la violence domestique, conformément à la Convention d'Istanbul.

Ce traité du Conseil de l'Europe, signé par 28 Etats, vise à prévenir et lutter contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes, non seulement les violences perpétrées au sein du couple mais aussi les autres types de violences intra-familiales. Et ce, quels que soient la nationalité ou le statut de séjour de la victime.

"La Convention d'Istanbul donne une définition, que nous avons reprise, qui englobe toutes les violences au sein du foyer. Cela permet aussi de tenir compte par exemple des enfants, qui ne sont pas forcément victimes de violences au sens propre mais qui vivent la violence de leurs parents", a précisé dans le 12h30 la cheffe de l’Office de la politique familiale et de l’égalité Nicole Baur.

30'000 francs supplémentaires

Concrètement, le gouvernement neuchâtelois va allouer 30'000 francs supplémentaires annuellement pour différentes mesures de sensibilisation et de prévention. L'accent sera mis dans les écoles, avec une sensibilisation à ces questions prévue dans la formation initiale des enseignants, selon Nicole Baur.

Le canton prévoit en outre de regrouper l'application de la Convention d'Istanbul au sein d'un seul centre de compétences, chargé de sensibiliser et d'informer les familles issues de la migration sur les mariages forcés ou les mutilations génitales. Un nouveau poste à 20% sera créé à l'Office de la politique familiale et de l'égalité pour s'occuper de ces questions.

Certains députés estiment que la dotation n'est pas suffisante. "Prendre en charge les victimes, ce n'est pas de la prévention", a ainsi déclaré le député suppléant socialiste Grégory Jaquet, rappelant que "la violence domestique a fait quatre morts dans le canton depuis 2015" et demandant que "l'analyse de la menace soit révisée".

"On sait que l'Office de la politique familiale et de l'égalité est faiblement doté, mais on avance pas par pas. La problématique de la violence domestique est prioritaire pour la cheffe de département", a répondu la conseillère d'Etat Monika Maire-Hefti.

Mercredi matin, le Grand conseil a accepté un postulat réclamant une étude qui évaluera s'il la dotation doit être adaptée.

Une trentaine d'homicides enregistrés en Suisse en 2018

En 2018 en Suisse, plus de 18'500 infractions de violence domestique ont été enregistrées par la police, un nombre en hausse de près de 9% par rapport à l'année précédente, selon la statistique policière de la criminalité.

La majorité de ces infractions étaient des voies de fait (près du tiers), des menaces (plus de 20%), des injures (environ 18%) et des lésions corporelles simples (11%). Ont également été recensés plus de 400 cas de viol ou de contrainte sexuelle, près d'une trentaine d'homicides et une cinquantaine de tentatives d'homicide.   

Les cas de violence domestique rapportés à la police ont connu une augmentation entre 2017 et 2018 dans la plupart des cantons romands, à l'exception de Neuchâtel et du Valais.

ptur avec ats

Publié le 06 novembre 2019 à 14:09 - Modifié le 06 novembre 2019 à 16:41