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Pas de "catastrophe" après la mise en place du salaire minimum à Neuchâtel

Vue de la ville de Neuchâtel. (Image d'illustration). [Keystone]
NE: le gouvernement tire un bilan positif du salaire minimum / La Matinale / 1 min. / le 6 novembre 2019
Le salaire minimum, introduit depuis 2017 dans le canton de Neuchâtel, est globalement bien respecté par les employeurs. Première au niveau nationale, cette mesure n'a pas freiné la création d'emplois, comme le craignaient certains opposants.

Les citoyens neuchâtelois ont accepté le salaire minimum de 20 francs de l'heure en 2011. Sur 30 dossiers - concernant 233 travailleurs - observés durant la période 2017-2018, la Commission tripartite de l’observation du marché du travail n'a constaté que neuf infractions. Des cas qui sont tous rentrés dans l'ordre.

En revanche, cela ne signifie pas que tout le monde respecte le salaire minimum. "Je pense qu'il existe encore des situations problématiques que nous détecterons à l'avenir", souligne Jean-Nathanaël Karakash, conseiller d'Etat en charge de l'économie.

"Ce que je trouve encourageant, c'est que nous n'avons pas eu d'impact négatif sur l'évolution de l'emploi. Certains prédisaient une catastrophe et un frein à la création d'emplois alors que c'est exactement le contraire qui s'est passé", assure l'élu socialiste au micro de la RTS.

"Eviter la casse"

A l'époque, même une partie de la droite a fini par se résoudre à adopter le salaire minimum, se concentrant sur la négociation d'adaptations pour certaines branches.

"Je crois que la population s'est exprimée assez clairement. Nous devons faire avec et nous avons justement fait le travail pour éviter qu'il y ait de la casse au niveau de l'économie et des employés. Nous avions certaines craintes concernant des petites entreprises qui auraient pu devoir fermer", explique Nicolas Ruedin, président du PLR neuchâtelois.

Les exceptions négociées vont jusqu'à 16 francs de l'heure dans l'agriculture par exemple, voire moins pour les travailleurs temporaires. Ce qui ne plaît toujours pas aux syndicats, tout comme les conditions des stagiaires. Le Conseil d'Etat promet désormais de clarifier les règles des stages et de vérifier les contrats-types de travail.

Etienne Kocher/gma

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Rejoint par le Jura

Premier canton à avoir introduit le salaire minimum, Neuchâtel a depuis été rejoint par le canton du Jura en février 2018. Le Tessin a approuvé lui aussi le principe du salaire minimum. Genève et Bâle-Ville doivent pour leur part se prononcer prochainement.