Modifié le 11 avril 2019 à 14:30

Très entouré, le pasteur Valley a été auditionné pour "délit de solidarité"

Un pasteur neuchâtelois entendu par le Ministère public pour "délit de solidarité". Explications de Julien Chiffelle.
Un pasteur neuchâtelois entendu par le Ministère public pour "délit de solidarité". Explications de Julien Chiffelle. 12h45 / 2 min. / le 11 avril 2019
Le pasteur Norbert Valley a été auditionné jeudi matin par le Ministère public neuchâtelois, qui rendra sa décision dans quelques semaines. Il est poursuivi pour avoir apporté son aide à un requérant togolais dont la demande d'asile a été refusée.

Une délégation d'environ 85 personnes, des militants d'Amnesty International, des membres de la communauté religieuse Sant'Egidio et du Groupe de Saint François est venue le soutenir. Norbert Valley a rappelé le fondement de ses convictions devant la statue du réformateur Guillaume Farel sur le parvis de la Collégiale de Neuchâtel.

Le cortège des sympathisants s'est ensuite déplacé pour le poste de police où le pasteur a été auditionné par le Ministère public. A l'issue de l'audience, ce dernier a fait savoir que Norbert Valley serait informé de sa décision d'ici trois à quatre semaines.

Le pasteur devait être entendu au départ le 25 octobre 2018 mais l'audience avait été ajournée. Une pétition munie de 2600 signatures avait été remise à une des procureures adjointes.

"Criminaliser un acte de solidarité"

Le pasteur s'oppose à l'amende de 1000 francs qu'il avait reçue pour avoir nourri et logé un Togolais menacé d'expulsion. Il estime que cette décision de justice est en contradiction directe avec sa conscience. "Toutes les charges retenues contre lui doivent être abandonnées", explique Julie Jeannet, responsable de campagne migrations pour Amnesty International (AI).

"Criminaliser un acte de solidarité est absurde", a ajouté la responsable d'AI. Le cas du pasteur Valley "n'est malheureusement pas un cas isolé, mais il est représentatif d'une longue série de cas en Europe, dans lesquels les autorités abusent des lois anti-passeurs pour criminaliser des actes de solidarité."

Casier judiciaire

Selon Amnesty, les cas de personnes récemment condamnées montrent que les peines pécuniaires peuvent aller d'une simple amende de moins de 200 francs à plusieurs jours-amendes dont le montant total peut avoisiner les 10'000 francs. S'ajoutent encore les frais de procédure et les potentiels frais d'avocat en cas de recours.

Outre les frais, "c'est aussi la condamnation pénale en soi qui est particulièrement problématique puisque celle-ci est nécessairement inscrite dans leur casier judiciaire", observe l'organisation de défense des droits humains.

ats/pym

Publié le 11 avril 2019 à 12:05 - Modifié le 11 avril 2019 à 14:30