Modifié le 17 décembre 2018 à 14:54

Le canton de Neuchâtel se distingue en matière de flexibilité du travail

Flexibilité du temps de travail (vidéo): interview de Thierry Gonzalez
Flexibilité du temps de travail (vidéo): interview de Thierry Gonzalez La Matinale / 5 min. / le 17 décembre 2018
En Suisse, près d'un quart des actifs exercent leur profession de manière flexible. Dans le canton de Neuchâtel, c'est même le cas de trois-quarts des services de l'administration.

Près d'un quart des actifs en Suisse travaillent déjà de manière flexible, que ce soit en termes d'horaires ou de lieu, et 30% le souhaiteraient, selon l'enquête FlexWork réalisée en 2016.

Et le canton de Neuchâtel se distingue: plus de trois-quarts du personnel des services de l'administration y ont un horaire de travail souple. Ce changement vers plus de flexibilité a été opéré dès le début des années 2000. Et pour Thierry Gonzalez, chef de service des ressources humaines de l'Etat de Neuchâtel, invité lundi de La Matinale de La Première, il s'agit "d'une opération gagnant-gagnant ou donnant-donnant, ça dépend".

"Il est de plus en plus difficile de concilier vie privée et vie professionnelle. Alors si on offre des conditions qui permettent d'aller dans ce sens là, c'est efficace. Les collaborateurs sont plus motivés, libérés de perturbations de leur vie privée", développe le chef de service, qui assure que les employés seront aussi davantage disposés à "donner" lorsque l'on aura besoin d'eux.

Des équipes qui "s'auto-régulent"

Mais pour Thierry Gonzalez, la flexibilité bénéficie aussi aux entreprises, car "les attentes du public et des clients évoluent", notamment la volonté d'avoir "plus d'immédiateté, de rapidité dans la délivrance des prestations".

Cette organisation nécessite aussi une plus grande confiance envers les employés. "On n'a pas les gens sous les yeux en permanence. On va diriger par objectif, par des indicateurs, mais pas en étant derrière les gens pour voir s'ils travaillent ou pas", répond Thierry Gonzalez. "Il y a une auto-régulation. Les personnes qui ont des difficultés à remplir ce qu'on attend d'eux provoquent des réactions au sein de l'équipe", ajoute-t-il.

Pas pour tout le monde

L'objectif est-il que tous les employés de l'Etat bénéficient d'un emploi flexible? "Non, il y a des fonctions qui ne le permettent pas. Il y a plus de 100 métiers dans une administration cantonale ou publique. On ne pourra pas offrir la même souplesse à un policier qu'à un informaticien, à un assistant social, ou à quelqu'un qui travaille dans un secrétariat", reconnaît Thierry Gonzalez. L'enquête FlexWork montre d'ailleurs que pour 45% des actifs, la flexibilité n'est pas une option en raison de la nature de leur activité.

Thierry Gonzalez précise que l'Etat de Neuchâtel est prêt à tester d'autres formes de management, par exemple les structures "sans chef". "On tente un essai actuellement dans le secteur de la communication, une structure très 'plate'", explique-t-il. Il précise toutefois que pour suivre ces "nouvelles tendances", "il faut d'autres aménagements dans l'espace de travail": un projet pour "rationaliser" une administration "morcelée" dans le canton est à l'étude.

Propos recueillis par Chrystel Domenjoz/jvia

Publié le 17 décembre 2018 à 09:27 - Modifié le 17 décembre 2018 à 14:54

L'immobilier, principale source d'économies

Pour répondre à la demande de flexibilité, six entreprises ont lancé en 2015 l'initiative "Work Smart". Parmi elles, Swisscom, Microsoft ou encore La Poste. A ce jour, 176 entreprises ont signé leur charte, s'engageant ainsi à créer des conditions de travail motivantes.

Cette initiative n'est pas désintéressée: elle sert l'image de ces employeurs en leur permettant de rester attractifs face aux attentes des jeunes générations. Et surtout, elle permet des économies, car un poste de travail coûte entre 10 et 15'000 francs par année par personne.

"Depuis la crise des subprimes de 2008-2009, ce sont surtout des raisons financières qui ont poussé les sociétés à travailler de manière flexible. Elles ont besoin de faire des économies sur leur immobilier, qui est le deuxième centre de coûts une fois que les salaires ont été payés, en tout cas pour les sociétés du domaine tertiaire. Sur le papier, les économies pourraient atteindre 30 à 40%, généralement on parle d'une atteinte de 20%", explique Patrice Jaquier, directeur de la société Aremis à Lausanne, qui accompagne les entreprises dans cette transition.

Ecouter l'éclairage de Cléa Favre dans La Matinale: