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Le Parti socialiste jurassien lance sa campagne sur le financement des partis

Le Parlement jurassien accepte 1er septembre 2021 un contre projet sur la transparence des partis. [Gaël Klein - RTS]
La population jurassienne votera le 13 février sur la transparence dans le financement des partis politiques / La Matinale / 1 min. / le 24 janvier 2022
Le Parti socialiste jurassien (PSJ) a lancé mardi sa campagne en faveur de son initiative exigeant davantage de transparence dans le financement des partis politiques et des comités de campagne. La population se prononcera le 13 février sur ce texte et sur le contre-projet du Parlement.

"La transparence est un élément essentiel de la démocratie, a estimé le président du PSJ Jämes Frein.  Avant d'affirmer: "Connaître les sources de financement permet une meilleure compréhension des enjeux." Le parti précise qu'il publie depuis plusieurs années ses comptes sur son site Internet.

L'initiative en termes généraux "Partis politiques: place à la transparence!" demande que les partis publient leurs comptes annuels et leurs sources de financement. Elle exige aussi cette transparence de la part des comités de campagne qui participent aux votations et aux élections dans le canton et les communes.

>> Lire aussi: L'initiative pour une meilleure transparence des partis a abouti dans le Jura

Seuil de 750 francs

L'identité des personnes qui participent au financement des organisations politiques serait rendue publique si le versement annuel ou occasionnel excède 750 francs. La raison sociale des entreprises qui financent l'activité des partis serait rendue publique comme le montant exact des versements, dès le premier franc.

Le PSJ estime que le peuple doit savoir qui finance les campagnes politiques pour pouvoir voter en toute connaissance de cause. Il considère que la démocratie serait gagnante si la politique était plus transparente.

Pour le PSJ, il ne s'agit pas d'interdire les dons ou de publier les noms des petits donateurs. Il rappelle que les dons pourront toujours rester anonymes jusqu'à 750 francs. "Mais nous avons voulu mettre des lignes rouges à ne pas dépasser", a ajouté Jämes Frein en défendant ce seuil contesté par les opposants au projet.

Contre-projet du Parlement

Le Parlement ne s'oppose pas à plus de transparence, mais une majorité de droite considère que cette initiative contient certaines précisions qui limitent la marge de manoeuvre du législatif pour élaborer une base légale. Le législatif veut pouvoir fixer lui-même la limite à partir de laquelle l'identité des personnes devra être dévoilée.

Le contre-projet prévoit l'ajout à la loi sur les droits politiques d'un chapitre consacré à la transparence. Il confie au législateur la tâche de préciser le cercle exact des organisations soumises à l'obligation de publier leurs données ainsi que le montant à partir duquel l'identité du donateur sera publiée.

Soutien d'autres partis

Pour le comité d'initiative, le contre-projet est un texte au rabais qui ne correspond pas à la volonté des signataires. Le PSJ bénéficie dans sa campagne du soutien des Verts, de la gauche alternative CS-POP, du PCSI, des Vert'libéraux et du PEV.

Si l'initiative populaire cantonale et le contre-projet devaient tous deux être acceptés le 13 février, celui qui aura obtenu le plus de voix sera adopté.

ats/vajo

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Cinq cantons ont légiféré

Pour l'heure, cinq cantons, Neuchâtel, Fribourg, Schwyz, Genève et le Tessin ont une loi sur la transparence des comptes des partis.

>> Relire: La transparence sur le financement des partis progresse dans les cantons

Au niveau fédéral, la réglementation ne concerne que les partis avec des élus aux Chambres fédérales, a précisé la conseillère aux Etats Elisabeth Baume-Schneider (PS/JU).