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"Le gouvernement genevois doit examiner l’affaire des factures de la Ville"

Mauro Poggia
OL POGGIA VILLE bis / L'actu en vidéo / 2 min. / le 2 novembre 2018
Le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia prend position sur l’affaire des frais du Conseil administratif de la Ville de Genève. Dans une interview à la RTS, il estime que le gouvernement cantonal doit examiner l'affaire.

"En tant qu'autorité de surveillance des communes", le ministre en charge notamment de la Police estime que le gouvernement genevois doit examiner l'affaire. "Le Conseil d'Etat va en parler", dit-il dans une interview à la RTS. "Il serait irresponsable de ne pas se poser la question de savoir s'il n'y a pas une violation non seulement de la moralité mais des règles légales qui doivent s'appliquer à tous."

Mauro Poggia est sévère sur les pratiques de la Ville de Genève révélées par l'affaire: "Ce qui me choque, c'est qu'on puisse donner à la population le sentiment que les hommes et les femmes politiques sont des personnes qui n'ont pas les règles morales qu'ils voudraient imposer à d'autres", dit-il. Le conseiller d'Etat pointe la continuation de ces pratiques: "Il y a des habitudes qui ont été prises. Quand ces personnes sont arrivées, on leur a dit 'c'est comme ça que ça se fait'. Sous-entendu: servez-vous, c'est là. On a pris des mauvaises habitudes."

"De mauvaises habitudes prises dans les années fastes, les années 90"

Le magistrat MCG critique notamment l'usage de cartes de crédit professionnelles par des élus municipaux. "Les conseillers administratifs avaient des cartes de crédit qui débitent les comptes de la Ville de Genève (…) C'est une facilité qui va au-delà de ce qui est nécessaire quand on a des salaires comme ceux-ci", estime le conseiller d'Etat. "On peut avancer des frais de bouche et se faire rembourser après un contrôle."

Mauro Poggia
OL POGGIA PURITAN bis / L'actu en vidéo / 2 min. / le 2 novembre 2018

Mauro Poggia dit craindre un "effet balancier" de l'affaire, avec un excès de contrôle provoqué par de tels cas. Il estime cependant passées "les années fastes, les années 90, où on regardait certainement moins. Les habitudes se sont transmises entre gouvernants. Aujourd'hui il y a un décalage avec ce qu'attend la population."

Mauro Poggia sévère après l’affaire des frais du Conseil administratif de la Ville de Genève. [rts - RTS]
OL POGGIA FUSION bis / L'actu en vidéo / 1 min. / le 2 novembre 2018

Le conseiller d'Etat souligne encore les rationalisations nécessaires entre la Ville, les communes et l'Etat de Genève dans un canton-ville comme Genève. "On dit qu'il y a une rivalité Conseil d'Etat-Conseil administratif et c'est vrai." Il admet "trop de personnes autour de la table" dans des réunions où l'administration cantonale et municipale sont présentes.

Darius Rochebin/oang

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"Le Conseil exécutif a tenté de contrôler l'activité de la cour"

Auteure de l'audit de la Cour des comptes genevoise sur les frais professionnels des conseillers exécutifs de Genève, Isabelle Terrier explique vendredi dans le 19h30 avoir été frappée - avec ses collègues - par l'absence de cadre réglementaire et l'absence d'une conscience du bon usage des derniers publics.

"Lorsque vous gérez de l'argent public, vous devez avoir ça en conscience. En l'occurrence, nous avons constaté une grave défaillance, en tout cas d'une majorité des membres du Conseil administratif", souligne-t-elle.

La cour n'a pas reçu de pressions à proprement parler, mais a dû faire face à de nombreux freins. "Nous avons eu énormément de difficultés à obtenir ce qui était nécessaire pour notre audit, c’est-à-dire l'accès aux données comptables", explique Isabelle Terrier. "Et ensuite, chose totalement inédite, le Conseil administratif a tenté de contrôler l'activité de la cour en nous imposant la présence d'un avocat, ce qui était évidemment inacceptable."

>> Regarder l'interview d'Isabelle Terrier dans le 19h30:

Isabelle Terrier "Concernant l'utilisation de l'argent public, nous avons constaté une grave défaillance." [RTS]
Isabelle Terrier "Concernant l'utilisation de l'argent public, nous avons constaté une grave défaillance." / 19h30 / 2 min. / le 2 novembre 2018