Modifié le 20 juin 2018 à 19:13

"Le retrait américain du CDH n'affaiblit pas la Genève internationale"

Pierre Maudet, lors d'une conférence de presse en avril 2018.
Genève pourrait-elle pâtir du retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l'homme? Interview de Pierre Maudet Forum / 7 min. / le 20 juin 2018
Place forte du multilatéralisme, la Genève internationale ne devrait pas être affaiblie par le retrait américain du Conseil des droits de l'homme (CDH), estime le président du Conseil d'Etat genevois Pierre Maudet.

"Je ne dirais pas que c'est un coup dur, parce que c'était relativement attendu. Il s'agit de la concrétisation du programme du président américain. Nous respectons la décision souveraine des Etats-Unis, mais nous la regrettons", explique mercredi dans l'émission Forum Pierre Maudet.

Le président du Conseil d'Etat genevois juge par ailleurs que cette décision américaine quant à cette agence onusienne sise à Genève a surtout une portée symbolique, plutôt que de réellement diminuer l'impact de la dimension des droits de l'homme.

>> Lire aussi: Un retrait "dans la continuité de la politique de Donald Trump"

Pas de risque d'affaiblissement de la Genève internationale

"Les droits de l'homme sont un des piliers de la Genève internationale. Ils rappellent qu'il y a des règles qui sont adoptées ici. Et quel que soit le domaine dans lequel elles sont adoptées, cela repose sur des valeurs fondamentales. Donc je n'y vois pas forcément un affaiblissement de la Genève internationale. Mais j'y vois la nécessité d'ouvrir le dialogue et d'être la plateforme de discussion et d'échange que souhaitent de nombreux pays encore."

Et pour appuyer ses propos, le conseiller d'Etat revient sur un exemple récent: "Nous avons quand même eu l'an passé, avec la visite du président chinois, l'affirmation nouvelle pour un pays qui était relativement peu porté sur le multilatéralisme de la nécessité d'une place située dans un pays neutre pour voir se développer ces échanges..."

Des règles aussi pour encadrer l'avènement du numérique

Pierre Maudet évoque également d'autres domaines où mettre l'accent: "Nous sommes par essence une cité portée sur le multilatéralisme (...) Surtout à une époque où l'on voit un besoin de règles avec l'avènement du numérique. On ne peut pas rester dans une absence de codification. Donc nous sommes convaincus que c'est à Genève que doivent se discuter ces éléments centraux."

Une nécessité de règles que même les Etats-Unis sont obligés d'admettre, estime-t-il: "Dans le domaine du numérique, les GAFA (ndlr: Google, Facebook, Amazon, Apple) sont aujourd'hui les premiers à demander un espace de discussion, de codification, avec des règles assumées par le secteur public qui s’appliquent aussi au secteur privé (…) En 2017, Brad Smith (ndlr: aujourd'hui président de Microsoft) a évoqué l'idée de Conventions digitales de Genève, dans la lignée des conventions humanitaires."

Propos recueillis par Christian Favre et Chrystel Domenjoz

jzim

Publié le 20 juin 2018 à 19:11 - Modifié le 20 juin 2018 à 19:13