Modifié le 09 juin 2018

Polémique après un courrier envoyé aux écoles genevoises sur le ramadan

Elèves durant un cours de gym.
Polémique à Genève autour d'une lettre du DFJ donnant des consignes sur le ramadan Le 12h30 / 2 min. / le 09 juin 2018
Un courrier contenant des recommandations pour encadrer les élèves qui observent le jeûne a été envoyé aux directeurs des écoles, mais il est jugé contraire aux principes de laïcité, révèle Le Temps samedi.

Emanant du Service de santé de l’enfance et de la jeunesse et envoyé à tous les directeurs du secondaire II, ce document décrit les effets physiques générés par le jeûne et donne des recommandations aux enseignants en cas de problèmes, comme des symptômes d’hypoglycémie ou de déshydratation.

Il est notamment recommandé de faire preuve de tolérance quand un élève doit réduire ses efforts physiques ou encore de prévoir si possible les camps ou les voyages d'étude en dehors des périodes de jeûne.

Anne Emery-Torracinta se dit "effarée"

Ces recommandations fâchent les défenseurs de l'école laïque. Selon Le Temps, elles sont parvenues aux écoles le 18 mai, juste après le début du ramadan et il est difficile d'y voir une coïncidence.

Interrogée par le journal, la direction du département reconnaît une erreur, qu'il s'agit de recommandations imprécises et non validées qui seront rectifiées. "J'ai pris connaissance avec effarement de ces recommandations envoyées à des écoles. Elles sont une initiative unilatérale d'un service: non seulement elles contredisent les principes rappelés dans la brochure laïcité mais de surcroît je m'étais opposée en 2016 à l'envoi d'une telle directive aux écoles", affirme la conseillère d'Etat en charge des écoles Anne Emery-Torracinta, citée par le quotidien.

Colère dans le monde politique et le corps professoral

Reste que le monde politique, qui vient de s'écharper sur une nouvelle loi sur la laïcité, et dans le corps enseignant, les réactions sont virulentes. "Il est consternant qu'une telle recommandation soit largement diffusée", déclare le président du Grand Conseil et PLR Jean Romain dans Le Temps. "Je refuse que la religion interfère sur le calendrier scolaire", ajoute Romain de Sainte Marie, chef de groupe socialiste au Grand Conseil.

Pour Salima Moyard, enseignante et députée socialiste, ces recommandations partent sans doute d'un réflexe sain, mais c'est surtout aux parents de faire preuve de bon sens. "Pourquoi l'école devrait-elle se fixer sur ce calendrier plutôt que sur les fêtes d'autres religions?", se demande-t-elle samedi dans le 12h30 de la RTS.

boi

Publié le 09 juin 2018 - Modifié le 09 juin 2018