Modifié le 03 octobre 2017

Prison ferme pour une ex-politicienne genevoise poursuivie pour escroquerie

Le Palais de Justice à Genève.
Le Palais de Justice à Genève. [Martial Trezzini - Keystone]
Le Tribunal correctionnel de Genève a condamné mardi une ancienne candidate MCG au Conseil d'Etat, pour escroquerie notamment, à une peine de prison de 3 ans, dont six mois ferme. Le reste est assorti du sursis.

La prévenue de 40 ans avait vidé les comptes d'une vieille dame dont elle était la curatrice. Elle lui a volé au total 488'000 francs, qu'elle a utilisé à son profit, pour des voyages, des palaces, des produits de luxe.

"La faute de l'accusée est très lourde et a été commise sur une très longue période", a noté le tribunal. Les détournements d'argent ont duré de 2003 à 2014.

Des salaires confortables

L'accusée falsifiait des relevés bancaires et les rapports qu'elle remettait au Service de protection de l'adulte. Elle s'en est prise à une "victime âgée, alcoolique et isolée socialement", a fait remarquer le tribunal.

Rien ne permet d'expliquer ces agissements, selon les juges. La prévenue a travaillé dans des banques et au sein de l'Etat de Genève où elle percevait des salaires confortables. Selon le tribunal, l'unique motif a été "l'appât du gain".

L'accusée est reconnue coupable d'escroquerie par métier, d'abus de confiance aggravé, de faux dans les titres et de gestion déloyale.

ats/fme

Publié le 03 octobre 2017 - Modifié le 03 octobre 2017

Enfance compliquée

A la décharge de l'accusée, le tribunal a retenu que l'ancienne candidate MCG est mère de deux enfants qu'elle élève, et qu'elle s'est dénoncée. "Cette dénonciation est cependant arrivée au moment opportun, avant la découverte imminente des faits", ont relevé les juges. La prévenue ne payait en effet pas les factures de sa pupille.

Les juges ont également tenu compte de l'enfance compliquée de l'accusée et du handicap important dont elle souffre depuis toute petite après un accident. Le tribunal n'a cependant pas voulu prononcer une peine compatible avec le sursis complet, comme le demandait la défense, étant donné la gravité des fautes commises.

Le Tribunal correctionnel a suivi le procureur Yves Bertossa qui avait requis une peine de prison ferme, qui pourrait, à ses yeux, être exécutée avec le port d'un bracelet électronique.

Ancienne militante PDC, puis MCG

La prévenue avait été candidate à l'élection au Conseil d'Etat genevois sous les couleurs du Mouvement citoyens genevois (MCG). Avant de rallier le MCG, elle militait au sein du PDC. Sous cette bannière, elle avait, à un moment, été pressentie pour se présenter à l'élection à la Cour des comptes.