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Bruit et pollution, Cointrin coûte 50 millions par an en frais de santé

Trois zones de nuisances diurnes et nocturnes ont été définies autour de l'aéroport de Genève. [Peter Klaunzer - KEYSTONE]
Trois zones de nuisances diurnes et nocturnes ont été définies autour de l'aéroport de Genève. [Peter Klaunzer - KEYSTONE]
Alors que l'aéroport de Genève se dirige vers une augmentation de la capacité de passagers, une étude a mesuré l'impact des nuisances sur la santé des riverains. Les coûts se montent à plus de 50 millions par an.

Le Conseil d'Etat genevois et l'association transfrontalière des communes riveraines de l'aéroport de Genève ont commandé une étude de l'impact des nuisances sur la santé des riverains.

Pollution de l'air et bruit: le coût sanitaire du trafic aérien se monte actuellement à 52 millions de francs par an, mais devrait atteindre 72 millions en 2030 avec l'augmentation du trafic, rapporte mercredi la Tribune de Genève.

Bientôt 29'000 personnes exposées au bruit

Alors que le nombre de passagers passera de 16 à 25 millions d'ici 2030, avec davantage de vols entre 22h et minuit, l'étude relève que 26'000 personnes sont déjà exposées au bruit de manière problématique. Celles-ci seront 29'000 en 2030.

Par rapport aux nuisances sonores, plus de 80% des coûts sanitaires sont d'ailleurs provoqués par la gêne du sommeil. Dans une partie sondage du rapport, les habitants les plus proches sont aussi plus nombreux à penser qu'ils habitent un quartier plus bruyant et pollué.

>> Deux tableaux tirés du rapport montrant la différence de perception entre les zones (en bleu, les riverains les plus proches de l'aéroport):

L'évaluation de la qualité sonore suivant trois zones autour de l'aéroport. [Association transfrontalière des communes riveraines de l'aéroport de Genève]L'évaluation de la qualité sonore suivant trois zones autour de l'aéroport. [Association transfrontalière des communes riveraines de l'aéroport de Genève]

L'identification des sources de bruit les plus dérangeantes par les riverains de l'aéroport. [Association transfrontalière des communes riveraines de l'aéroport de Genève]L'identification des sources de bruit les plus dérangeantes par les riverains de l'aéroport. [Association transfrontalière des communes riveraines de l'aéroport de Genève]

>> Lire aussi: Le gouvernement genevois à Berne pour défendre sa vision de l'aéroport

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Années de vie perdues

Le rapport, établi par l'Université de Genève et l'association équiterre, qui a été publié mardi, mesure l'impact de ces nuisances sur la santé des riverains en "années potentielles de vie perdues".

Le cumul pour un bassin de population de 300'000 personnes équivaut, pour la seule pollution de l'air, à une perte de 209 années. Ce chiffre passera à 381 années en 2030.

Quant au bruit, la perte en années potentielles de vie se monte à 28 actuellement (34 en 2030).

Impact positif en termes économiques

Si l'impact sur la santé est une question qui divise les autorités genevoises et la Confédération, l'étude note aussi les effets bénéfiques du développement de l'aéroport en termes économiques sur les emplois et les revenus.

La Tribune de Genève, qui rend compte du rapport, rappelle que la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait accompagner l'augmentation du trafic aérien. Le PIB augmenterait de 0,2% par année, soit un gain annuel total de 100 millions de francs.