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La manif sauvage aura des répercussions pour la police genevoise

La façade du Grand Théâtre de Genève a été particulièrement salie. [RTS]
La manif sauvage aura des répercussions pour la police genevoise / Forum / 8 min. / le 11 janvier 2016
La manifestation sauvage qui a eu lieu le 19 décembre à Genève devrait avoir des répercussions sur la politique d'engagement de la police. Le conseiller d'Etat Pierre Maudet a appelé lundi à s'adapter à une nouvelle réalité.

Le cortège de 400 personnes, dans les rangs duquel s'étaient glissés une quarantaine de membres du Black Bloc, avait occasionné sur son passage de nombreux dégâts. Des commerces avaient été vandalisés et la façade du Grand Théâtre avait fait l'objet d'un traitement particulier à l'huile de vidange de la part des casseurs.

"On voudrait faire croire que c'est la présence des policiers dans la rue qui sont une violence, mais non, ce sont bien les casseurs qui sont violents", a tenu à rappeler le conseiller d'Etat genevois sur le plateau du 19h30.

"Ce qui est insupportable aujourd'hui, c'est l'impunité pour les casseurs", a précisé Pierre Maudet, alors qu'aucun d'entre eux n'a été arrêté à ce jour. "Les investigations suivent leur cours".

Manifestation sauvage - GE: interview de Pierre Maudet, conseiller d’État [RTS]
Manifestation sauvage / GE: interview de Pierre Maudet, conseiller d’État / 19h30 / 2 min. / le 11 janvier 2016

Erreur d'appréciation

A la suite de ces événements, le chef du département de la sécurité et de l'économie avait demandé un rapport à la police genevoise, qui a été rendu public lundi. Les forces de l'ordre ont admis dans ce document avoir fait une erreur d'appréciation le soir du 19 décembre quant à l'ampleur de la manifestation.

Ce problème est notamment dû aux difficultés pour la police d'obtenir des informations en provenance des milieux anarchistes. Les forces de l'ordre étaient pourtant informées de la manifestation sauvage une semaine avant qu'elle ait lieu. Le magistrat souhaite que la recherche de renseignements soit améliorée.

Pierre Maudet ne veut en outre plus que de telles situations, où des casseurs sévissent dans les rues, ne conduisent à aucune interpellation. "Ce sentiment d'impunité est dévastateur auprès de la population" et auprès des vandales. Le conseiller d'Etat souhaite de sérieuses adaptations dans ce domaine.

Enquête en cours

Le magistrat a toutefois souligné qu'il était impossible de garantir qu'il n'y aura pas d'autres déprédations ou d'abus lors de prochaines actions. La police doit s'adapter, comme ailleurs en Suisse, notamment à Zurich ou à Berne, deux villes qui ont été aussi le théâtre de manifestations violentes.

Le 19 décembre, la police a fait de son mieux, mais elle peut être largement perfectible dans sa capacité d'action, a déclaré Pierre Maudet dans l'émission Forum de la RTS.

Le magistrat a également fait savoir que la justice genevoise avait ouvert une enquête à la suite de ces événements, notamment afin de déterminer si les casseurs ont profité de lieux de repli pour disparaître.

lan avec ats

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Une CEP ouverte?

La commission de contrôle de gestion du Grand Conseil, pas complètement satisfaite du rapport, devrait également ouvrir sa propre enquête sur les événements, selon une information de la RTS.

Pour Pierre Maudet, le Parlement est libre d'approfondir la question.

Les manifestants pas protégés

Il faut se donner les moyens pour se saisir des vandales, a encore déclaré Pierre Maudet. Les manifestants pacifiques, au sein desquels se cachent les casseurs, ne devraient en outre plus bénéficier d'une protection particulière.

Ils doivent savoir qu'ils courent un risque de se voir opposé une réponse musclée de la police, a noté Pierre Maudet.