Modifié le 16 décembre 2015 à 08:37

"Le sommet, c'est qu'on nous réclame le paiement des heures de grève"

Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet.
Pierre Maudet n'a pas peur du bras de fer avec les fonctionnaires genevois Le Journal du matin / 8 min. / le 16 décembre 2015
Les fonctionnaires genevois ont vécu mardi leur 7e jour de grève avant de la suspendre temporairement. Le conseiller d'Etat Pierre Maudet, agacé par le mouvement, estime que celui-ci s'essouffle.

"La grève excède les Genevois et on ne comprend plus très bien ce que viennent faire dans ce mouvement, créé par les fonctionnaires, les milieux de la culture, les taxis ou le collectif No Bunker. La grève s'essouffle", a estimé Pierre Maudet dans le Journal du matin de la RTS.

Il a poursuivi en expliquant que la marge de manoeuvre en termes financiers était très faible, voire inexistante.

La fonction publique genevoise s'oppose au projet du gouvernement de réduire de 5% la masse salariale de l'Etat.

Il y a ceux qui cherchent des problèmes, et ceux qui cherchent les solutions. Les grévistes font clairement partie de la première catégorie.

Pierre Maudet, Conseiller d'Etat genevois

"Et le gouvernement ira servir le vin chaud?"

Le conseiller d'Etat a tenu à remercier les fonctionnaires qui "font tourner la boutique et qui ont le sens des responsabilités".

Il s'est dit agacé par la posture de victimes que prennent les fonctionnaires grévistes. "Le sommet, c'est lorsqu'on nous a réclamé la semaine passée le paiement des heures de grève! Et la prochaine étape, c'est que les membres du Conseil d'Etat leur servent le vin chaud? Tout le monde doit se serrer la ceinture et continuer à chercher des gains de productivité", a encore déclaré le responsable du Département genevois de la sécurité et de l'économie.

On est encore très loin de l'austérité à Genève.

Pierre Maudet

Pierre Maudet a rappelé qu'un terrain d'entente était encore possible et que des solutions étaient sur la table. "On a proposé de travailler 42 heures par semaine, ça a été rejeté, mais il faut aller voir ce qui se fait dans les autres cantons. On n'entend rien du côté des grévistes."

Le Parlement genevois se réunit jeudi et vendredi pour étudier le projet de budget 2016.

sbad

Publié le 16 décembre 2015 à 08:10 - Modifié le 16 décembre 2015 à 08:37

La gestion de l'alerte terroriste à Genève

Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet est également revenu mercredi sur les ondes de la RTS à propos du niveau d'alerte à Genève. "Les médias sont victimes du même syndrome de victimisation que les grévistes, ils traquent les failles, mais il faut se rendre compte que depuis le 13 novembre, la situation a totalement changé."

Les attentats de Paris ont ouvert une nouvelle dimension en termes de sécurité et de menace terroriste, a poursuivi Pierre Maudet. La menace est toujours concrète et réelle a rappelé le politique, en critiquant les nombreux experts autoproclamés en terrorisme qui avaient la critique facile. "Les policiers restent mobilisés pour les enquêtes et la sécurité."

Il a expliqué que si on n'avait pas informé la population d'un réhaussement du niveau d'alerte, le gouvernement aurait risqué de perdre la confiance de la population. "Il faut communiquer en toute transparence et défendre nos libertés et la démocratie."