Modifié

Chômage, sécurité, loyers, l'avis des candidats aux municipales genevoises

Le 19 avril, les Genevois éliront les 45 Conseils municipaux des communes du canton. Avec 1723 candidats, le choix est vaste. Découvrez les positions des partis et le décryptage des enjeux du scrutin en graphiques.

Ils sont 90 candidats de moins qu'aux dernières élections en 2011. Mais le choix reste très vaste parmi les 1723 citoyens qui briguent les 924 sièges des conseils municipaux des communes du canton de Genève le 19 avril prochain.

Pour les exécutifs communaux, ce sont 222 candidats qui briguent les 137 sièges de conseillers administratifs, maires et adjoints. Fait nouveau introduit par la Constitution de 2012, les candidats devront obtenir la majorité absolue pour être élus au premier tour. Sinon, ils devront participer au 2e tour, prévu le 10 mai.

Près de 80% des candidats en lice pour la municipalité de la Ville de Genève sont inscrits sur la plateforme Smartvote (lire encadré ci-dessous) ainsi que les 14 candidats au Conseil administratif. Leurs réponses donnent une idée des tendances et des positions des partis sur des enjeux majeures pour la prochaine législature 2015-2020 (voir les candidats dans l'encadré ci-dessous).

Fronde contre les frontaliers?

Avec la votation du 9 février et la force actuelle du franc, le Mouvement citoyen genevois (MCG) pourrait gagner encore des sièges après son entrée en 2011 dans onze conseils municipaux. Selon les données smartvote, ses candidats (suivis de près par ceux de l'UDC, du PBD et des Vert'Libéraux) ont tous approuvé l'instauration d'une "préférence régionale" à l'embauche pour des postes dans la fonction publique ou subventionnés par l'Etat. Le but avoué du MCG étant de faire diminuer le nombre de frontaliers.

Des caméras en ville?

Afin de garantir la sécurité des citoyens, les candidats des partis de centre-droit, à l'exception du PBD et des Vert'Libéraux, sont favorables à l'installation de caméras dans certains quartiers de la Ville de Genève. Ensemble à Gauche, les Socialistes et les Verts invoquent la question de la sphère privée et de la sécurité des données en répondant négativement à cette proposition.

Plus de logements sociaux?

A la question "La Ville de Genève devrait-elle financer plus de logements sociaux?", 75% des candidats PBD répondent non (31% des PLR et 18% des UDC), alors que tous les partis de gauche souhaitent traditionnellement renforcer l'offre de logements pour les plus démunis, comme le montre le tableau suivant.

Élire des étrangers au niveau communal?

Malgré la pléthore de candidats annoncés, certaines communes genevoises peinent à remplir les sièges de leurs conseils municipaux. Collex-Bossy et Laconnex ont moins de candidats annoncés que de sièges à repourvoir.

Lors de la dernière législature, plus de 50% des élus ont démissionné en cours de mandat et certains communes ont même épuisé leur stock de "viennent-ensuite".

Revoir à ce sujet le reportage du 19h30:

Genève enregistre le taux de démission le plus important de Suisse romande au sein des conseils municipaux [RTS]
Genève enregistre le taux de démission le plus important de Suisse romande au sein des conseils municipaux / 19h30 / 2 min. / le 16 mars 2015

Les candidats des partis de gauche plaident pour élargir les droits politiques des étrangers et leur permettre d'être élus au niveau communal uniquement. Un moyen pour certaines communes de combler le manque de vocations politiques. Mais la droite, UDC et MCG en tête, s'y oppose farouchement.

>> Le sujet du 19h30 sur le vote des étrangers:

GE: les étrangers résidents en Suisse depuis 8 ans sans interruption vont pouvoir voter [RTS]
GE: les étrangers résidents en Suisse depuis 8 ans sans interruption vont pouvoir voter / 19h30 / 2 min. / le 24 mars 2015

Imposer plus fortement les entreprises?

Concernant les emplois et l'économie, la question de la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) divise au sein même des partis. En effet, certains craignent d'une part pour les recettes fiscales (la perte s'élèverait à 1,4 milliard pour les seuls cantons de Genève et Vaud) et d'autre part pour les 85'000 emplois directs et indirects induis par ces entreprises.

Dépenser plus ou moins?

Alors que le canton de Genève vient de boucler ses comptes sur un excédent de 6 millions de francs, les candidats à la municipalité de la Ville, eux, sont nombreux à souhaiter le statu quo quant aux dépenses. Le tableau ci-dessous montre une répartition assez traditionnelle des opinions avec les candidats de gauche en faveur d'une augmentation (sauf pour le domaine de la sécurité) et ceux de droite en faveur d'une diminution de budget notamment pour la culture et les prévoyances sociales.

Sophie Badoux

Publié Modifié

Les candidats en Ville de Genève

En Ville de Genève, la liste de l'Alternative PS-Verts présente les trois conseillers administratifs sortants, à savoir les socialistes Sandrine Salerno et Sami Kanaan, ainsi que l'écologiste Esther Alder.

Face à eux, l'Entente PDC-PLR espère conquérir un 2e siège avec le sortant démocrate-chrétien Guillaume Barazzone, ainsi que les PLR Pierre Conne, Natacha Desfayes-Buffet et Adrien Genecand.

Le 5e conseiller administratif Rémy Pagani (Ensemble à Gauche) repart pour un tour avec Véra Figurek et Hélène Ecuyer. L'UDC lance Thomas Blaesi, le MCG Carlos Medeiros et Daniel Sormanni et les Vert'libéraux Sue Putallaz.

Smarvote, la méthode

La plateforme smartvote propose aux électeurs de découvrir quels candidats correspondent le mieux à leurs profils après avoir répondu à 53 questions (32 en version courte) en rapport avec des thématiques de la vie politique genevoise.

Au 1er avril 2015, 76% des candidats en lice pour le Conseil municipal de la Ville de Genève y étaient recensés (soit 173 des 225 candidats totaux) et les 14 candidats au grand complet en lice pour le Conseil administratif.

"Il s'agit d'un taux record par rapport à 2011, et celui-ci va encore augmenter d'ici le 19 avril", explique smartvote dans un communiqué.

Le système de recommandation de vote avait été mis à disposition des internautes pour la première fois à l'occasion des élections fédérales en 2003.