Modifié le 15 février 2015

Des Roumains payés 800 euros par mois sur le site genevois de Firmenich

A Genève, Firmenich emploie des informaticiens roumains pour 800 euros par mois
Firmenich emploie des informaticiens roumains pour 800 euros par mois 19h30 / 2 min. / le 15 février 2015
Des informaticiens roumains employés par un géant brésilien travaillent pour 800 euros par mois sur le site de Firmenich à Meyrin (GE), révèle Le Matin Dimanche. L'absence de CCT dans ce secteur est dénoncée.

Des travailleurs informatiques roumains sont payés 800 euros par mois pour travailler en Suisse sur le site de la multinationale pharmaceutique Firmenich à Meyrin (GE), selon Le Matin Dimanche. Légale, cette situation est favorisée par l'absence de convention collective de travail (CCT).

Ces travailleurs sont engagés par le géant brésilien Stefanini, qui décide du salaire de ses employés, même s'ils travaillent en Suisse. Pour un emploi similaire, un informaticien suisse toucherait au minimum 3300 francs par mois.

Absence de CCT

Employés pour une mission de 90 jours, ces informaticiens sont chargés d'effectuer une tâche répétitive pour Firmenich. A la fin de leur mission, d'autres travailleurs roumains les remplaceront jusqu'à la fin du mandat confié à Stefanini.

Les syndicats dénoncent l'absence de CCT dans le secteur, ce qui permet à Firmenich de rester dans la légalité. (lire ci-contre) Cette absence laisse aussi les autorités impuissantes face aux cas de sous-enchère salariale.

gchi

Publié le 15 février 2015 - Modifié le 15 février 2015

La multinationale ne savait pas

Interrogée par Le Matin Dimanche, Firmenich a confirmé la présence de ces travailleurs sur son site mais affirmé n'avoir pas connaissance leurs conditions salariales.

"Celles-ci dépendent de leur employeur, Stefanini", a indiqué un porte-parole, précisant que Firmenich était très satisfait du travail effectué par le géant brésilien.

Unia entend réagir

Firmenich ne peut pas être tenue responsable des conditions salariales pratiquées par Stefanini, car la loi ne punit pas, dans ce secteur, les pratiques de sous-enchère salariale des sous-traitants.

Néanmoins, les syndicats estiment dans Le Matin Dimanche qu'"on devrait attendre d'une multinationale suisse (...) qu'elle veille à ce que les entreprises actives sur son site respectent les conditions de travail minimales".

"Nous allons mener une action politique afin d’éviter que ce genre de cas ne se reproduise", a précisé Alessandro Pelizzari, du syndicat Unia.

Le syndicat va travailler sur la possibilité de définir un salaire minimum obligatoire dans la branche de l'informatique afin de rendre impossible la sous-enchère salariale.