Modifié le 19 février 2014 à 17:53

Le récit de "six heures de torture psychologique" sur le vol détourné

Yan était l'une des 202 personnes à bord du vol d'Ethiopian Airlines détourné sur Genève.
Un passager du vol détourné à Genève raconte son calvaire L'actu en vidéo / 7 min. / le 19 février 2014
Yan, passager à bord du vol d'Ethiopian Airlines détourné sur Genève lundi, raconte à la RTS les longues heures de calvaire à bord de l'avion.

"C'était six heures de torture psychologique." Yan, 25 ans, développeur informatique à Genève, était à bord du vol d'Ethiopian Addis-Abeba-Rome, détourné lundi matin sur l'aéroport de Genève.

Deux jours après, le jeune homme d'origine française a livré son témoignage à RTSinfo.ch, pour raconter le calvaire des passagers. "Chaque petit bruit, normal sur un vol classique, devient une possibilité de mort imminente; on se dit que le pilote a décidé d'en finir."

"Des gens prient, chantent, pleurent"

Yan raconte également les premières minutes du détournement. "J'ai été réveillé une heure après le décollage par le bruit des masques à oxygène qui tombaient." Peu après, le copilote prend le micro et intime "d'une voix forte et agressive" qu'il va "couper l'oxygène dans l'avion".

Ensuite, c'est "la crise de panique immédiate, la réalité s'éloigne. On entend des gens prier, d'autres chanter, des enfants pleurent".

"Il y a un problème avec l'avion, je vous aime"

Pensant au pire, Yan écrit un message d'adieu à sa famille: "Il y a un problème avec l'avion, je vous aime, vous êtes les meilleurs." Mais il n'y a pas de réseau, le message ne passe pas, alors qu'envoyer ce message, "c'est ce que j'aurais voulu le plus au monde, parce que j'étais certain que c'était la fin".

Quatre heures plus tard, l'appareil se pose toutefois à Genève. Les passagers n'osent pas encore y croire, de crainte que l'avion redécolle "si les négociations n'aboutissent pas". Il faudra attendre "que les forces de sécurité suisses entrent dans l'avion, une ou deux heures après l'atterrissage" pour verser des "larmes automatiques, du miracle, de la chance".

Pauline Turuban et Mélanie Ohayon

Publié le 19 février 2014 à 17:13 - Modifié le 19 février 2014 à 17:53

De la Tanzanie à Genève

Yan utilisait le vol d'Ethiopian Airlines entre Addis-Abeba et Rome pour rentrer de vacances qu'il venait de passer en Tanzanie.

Il était finalement soulagé d'atterrir directement à Genève, sa destination finale. Il aurait pris une correspondance au départ de Rome si le trajet s'était déroulé comme prévu.

Yan n'en veut pas au pirate

A l'égard du pirate, Yan dit "ne pas sentir en colère, mais plutôt redevable du fait qu'il ait atterri. Je ressens de la chance." Il estime que "quelque chose a dû le pousser à en arriver là".

Il souligne aussi "l'incroyable et très chaleureux accueil réservé par les Suisses à l'aéroport". Aujourd'hui le passager dit qu'il connaît "de sérieuses sautes d'humeur", mais qu'elles se stabilisent.