Modifié

Critiques, démissions et menaces de mort au Mouvement citoyens genevois

Eric Stauffer. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Remous au MCG, la réaction d'Eric Stauffer / Forum / 10 min. / le 4 juin 2013
Déception et amertume grandissent au sein du MCG, huit ans après sa fondation, selon l'enquête de la RTS. En cause, le fonctionnement du parti et la concentration des pouvoirs.

Huit ans après sa fondation et une ascension fulgurante, le Mouvement citoyens genevois (MCG) traverse une période de turbulences internes liées au fonctionnement du parti et à la concentration du pouvoir en mains de son président. Les départs se comptent par dizaines. On parle même de menaces de mort et de plainte pénale entre membres du MCG.

Démissions en cascade

Un constat est à l'origine de cette situation: le parti fait face à un important taux de rotation parmi ses élus municipaux, avec une trentaine de démissions pour 73 sièges. Quelques personnes ont aussi quitté le parti tout en siégeant toujours en indépendants. Enfin, une dizaine de "viennent ensuite" ont renoncé à remplacer un collègue démissionnaire.

Le taux de démissions ou refus de siéger - par rapport au nombre de sièges détenus - s'élève ainsi à plus de 50% pour le MCG, soit presque 20 points de plus que la moyenne dans les autres formations.

Parmi les raisons figurent des changements dans la vie privée ou professionnelle. Mais c'est la frustration qui a poussé d'autres élus à partir. Ainsi Dominique Vuagnat, élu MCG à Onex, a quitté le parti alors même qu'il présidait la section locale. Depuis l'entrée du leader historique du MCG à la mairie de la commune, Eric Stauffer a imposé ses mots d'ordre aux élus municipaux, affirme Dominique Vuagnat, qui ne se reconnaît plus dans cette ligne.

Des diktats venus d'en haut

Un reproche qui revient souvent est l'imposition de décisions par le bureau directeur. Même lors des assemblées du parti, il n'y aurait pas de réelle concertation. "On n'a pas notre mot à dire, on nous dit il faut voter ça, le bureau directeur a décidé, tu n'es pas content, la porte elle est là-bas", explique un membre sous couvert de l'anonymat.

"J'ai été viré du MCG à la suite d'un accrochage que j'ai eu avec Monsieur Stauffer, il n'a pas apprécié que je dise des choses contraires à son opinion", affirme cette autre personne, candidate en 2011, qui témoigne également de manière anonyme.

Menaces de mort

On observe également des échanges peu amènes entre membres du parti, notamment sur les réseaux sociaux. Ainsi, la députée Dominique Rolle s'est retrouvée brocardée et menacée par une camarade de parti qui s'est introduite chez elle. Cette députée à bout de nerf renoncera d'ailleurs à se représenter cet automne après avoir reçu des menaces de mort. "Ca va trop loin, ça fait quand même depuis le mois de décembre la quatrième fois qu'on s'en prend à moi", explique-t-elle avant de préciser: "C'est toujours des femmes qui ont un lien avec certaines personnes bien précises du bureau directeur, ça va beaucoup trop loin, c'est pour ça que j'ai décidé de déposer plainte. On n'est pas dans la mafia".

Eric Stauffer, gardien de la ligne

Face à ces critiques, Eric Stauffer minimise la fronde. Selon le maire d'Onex, tout se décide démocratiquement, au vote majoritaire, au sein du MCG. Mais pour le président d'honneur du parti, c’est clair: "Seuls ceux qui gardent la ligne ont leur place au MCG."

Monter, monter encore… C'est l'inoxydable conviction d'Eric Stauffer pour son parti. Il en veut pour preuve les adhésions et les soutiens qui continuent d'affluer en cette année électorale, selon lui.

Mathieu Cupelin et Annabelle Durand/oang

Publié Modifié

Employés exploités chez Medinex?

Les dirigeants du MCG sont également accusés de ne pas appliquer les valeurs qu'ils prônent, notamment dans leur rôle d'employeurs au sein de la société de téléphonie Medinex, dirigée par le co-fondateur et figure du parti Eric Stauffer et le vice-président du MCG Carlos Medeiros.

Les gains mensuels des vendeurs à la commission y sont parfois très faibles, avec un montant de 18 francs par abonnement vendu, sans base fixe. "C'est de l'exploitation", dénonce un témoin sous couvert d'anonymat.