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Premiers résultats rassurants dans l'enquête sur les munitions dans le Léman

A Genève, des centaines d'obus et de munitions reposent au fond du lac. Il y a peu de chances que tout soit évacué. [RTS]
A Genève, des centaines d'obus et de munitions reposent au fond du lac. Il y a peu de chances que tout soit évacué. / 19h30 / 2 min. / le 12 mai 2022
Les munitions immergées dans le Léman ne sont a priori ni dangereuses, ni polluantes, selon les autorités genevoises qui se basent sur les résultats d'une première phase d'investigation dans le Petit Lac. Mais d'autres analyses en micropolluants organiques sont en cours.

Les munitions remontées présentent un risque d'explosion spontanée extrêmement faible, indique jeudi le Département du territoire (DT). Le scénario d'une réaction en chaîne est également très peu probable. Les munitions immergées dans le secteur analysé sont ainsi sans danger, tant qu'elles restent à une profondeur constante et qu'elles ne subissent pas de choc, ajoute-t-il.

S'agissant d'une éventuelle pollution, qui inquiétait notamment le Grand Conseil, les premiers résultats montrent que la teneur en métaux de l'eau se révèle en dessous des normes fédérales. Selon le DT, ces analyses confirment des analyses menées en 2021 sur le réseau de distribution d'eau potable qui montrait qu'aucune pollution ne pouvait être liée à ces munitions.

Ce matériel militaire avait été immergé par l'entreprise Hispano-Suiza entre 1940 et 1980. A Genève, la société aurait enfoui de 150 à 1000 tonnes de munitions. En 2019, l'organisation environnementale Odysseus 3.1 avait découvert plusieurs caisses éventrées entre 45 et 55 mètres de fond. Cette organisation mettait en garde contre des dégâts environnementaux considérables.

>> Lire: L'environnement aquatique affecté par les munitions déposées au fond du Léman

Etablir un cadastre

Une motion adoptée en juillet 2021 par les députés demandait au Conseil d'Etat de cartographier les emplacements et d'analyser ces munitions. Des travaux d'investigation ont été menés entre décembre 2021 et avril 2022 sur une zone de 1,5 km2. Un sonar a mis au jour 682 points ou signaux magnétiques, dont des munitions mais aussi des parasols et des nasses à poissons.

Un robot caméra sous-marin a ensuite été envoyé sur 14 zones susceptibles de fournir des échantillons de qualité. Enfin, des plongeurs ont fouillé deux secteurs spécifiques. Ces professionnels ont remonté des munitions de différents calibres, dont certaines pourraient être datées de 1962, selon le DT.

Les recherches et les analyses se poursuivront à l'automne. Il s'agit notamment de réaliser un cadastre des munitions et au final de concevoir un projet d'assainissement.

ats/kkub

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