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"Chasse aux sans-papiers" dénoncée par des associations à Genève

Les contrôles d'identité se sont multipliés depuis la pandémie dans les transports genevois, d'après des associations. [Magali Girardin - Keystone]
"Chasse aux sans-papiers" dénoncée par des associations à Genève / La Matinale / 1 min. / le 8 février 2021
Le Collectif de soutien aux sans-papiers de Genève, qui rassemble plusieurs associations, a dénoncé dimanche des contrôles d'identité "massifs" et "systématiques" de la part des gardes-frontière ces dernières semaines.

Coordinateur du collectif, Alessandro de Filippo dénonce "des dizaines de contrôles d'identité par jour" au cours d'une conférence de presse dimanche matin. "Les personnes sans statut légal ont peur de sortir de chez elles", a-t-il lancé.

Selon les associations rassemblées au sein du collectif, des contrôles d'identité sont effectués dans les transports publics genevois et certaines lignes de train entre Genève et Lausanne.

Les personnes sans statut légal craignent d'aller travailler, de sortir chercher leurs enfants à l'école ou encore de se rendre sur les lieux de distribution alimentaire, ont-elles souligné. Samedi matin, l'association Caravane sans frontières a dénoncé sur les réseaux sociaux que des contrôles d'identité étaient effectués aux alentours du point de distribution des Colis du Coeur à Thônex (GE).

"Ce sont des personnes qui travaillent et non des criminels. On ne doit pas criminaliser des travailleurs", a lancé Silvana Mastromatteo, fondatrice de l'association.

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Conseil d'Etat genevois interpellé

"C'est un retour en arrière. On s'attaque à des travailleurs dans des conditions extrêmement précaires, en pleine pandémie", a ajouté Davide de Filippo, du Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs. "Cela va à l'encontre de la décennie de politique ouverte du canton de Genève. Il en va de la crédibilité du canton", a-t-il souligné.

Les associations prévoient d'interpeller le Conseil d'Etat genevois afin qu'il prenne position face à une "vague de contrôles d'une ampleur inédite". Elles lui demandent de réagir auprès des autorités fédérales, dont dépendent les gardes-frontière, "afin de faire cesser immédiatement ces opérations de contrôles et d’arrestations". À la suite des contrôles, certaines personnes ont reçu des décisions d'interdiction d'entrée du territoire et "risquent une décision de renvoi".

ats/jop

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