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Le nombre de passagers devrait baisser de 23% à Genève Aéroport en 2021

L'aéroport de Genève est quasiment vide durant une période généralement bouillonnante. [Salvatore Di Nolfi - keystone]
Les sombres prévisions de l'aéroport de Genève / Forum / 2 min. / le 30 août 2020
La diminution du trafic aérien va toucher de plein fouet l'aéroport de Cointrin. Un document envoyé vendredi au personnel, que la RTS s’est procuré, prévoit une diminution de fréquentation de près d’un quart l’an prochain par rapport à 2019. Des pistes d’économies sont à l’étude, touchant notamment les employés.

L'inquiétude règne au sein des employés de Genève Aéroport. Jeudi, ils étaient conviés par leur direction à une séance qui a soudainement été annulée, alimentant toute sorte de rumeurs, notamment sur un plan social à venir. Devant cette agitation, le directeur général de Cointrin, André Schneider, a communiqué par mail vendredi.

Dans ce message adressé au personnel, que la RTS s’est procuré, il fait part des prévisions de Genève Aéroport pour les années à venir. Depuis le début de la crise, sa direction a travaillé sur différents scénarios. L'évolution de cet été a permis d'affiner ces projections.

Résultat: Cointrin s'attend à une baisse de sa fréquentation de l'ordre de 23% en 2021 par rapport à 2019. Un chiffre qui n'est pas anodin quand l'on sait que 95% des revenus de Cointrin sont liés au nombre de passagers.

La situation devrait revenir à la normale en 2022, selon cette projection, qui parle d'une nouvelle baisse en 2023. André Schneider marche sur des oeufs: il rappelle que la situation est "extrêmement fragile" et que ces prévisions ont "un niveau d'incertitude important".

Une baisse de 10% des charges salariales

Le directeur général de Genève Aéroport, qui n’a pas souhaité s’exprimer dimanche, dit étudier avec le Conseil d'administration toutes les pistes pour trouver des économies, "tant sur les investissements que sur les dépenses opérationnelles et les charges du personnel". A ce titre, les pistes envisagées en mai, à savoir le gel des embauches, les départs à la retraite anticipée ou la non-reconduction des contrats à durée déterminée, restent d'actualité.

Selon les informations de la RTS, l'objectif de la direction est de baisser de 10% les charges salariales. Les syndicats, eux, ont fait d'autres propositions, qui devront être discutées.

André Schneider évoque aussi le recours au chômage partiel. Il explique qu'il est essentiel pour les finances de l'aéroport et remercie tous les collaborateurs qui en font usage. Une nouvelle réunion avec le personnel est prévue le 24 septembre.

De nombreuses incertitudes

Cette communication n'a pas vraiment rassuré en interne, à en croire les personnes contactées par la RTS. Une inquiétude partagée par les partenaires sociaux, et cela d'autant plus que les projections pourraient se voir bousculer par plusieurs événements à venir.

Quid, par exemple, de la relation de la Suisse avec la France? Sera-t-elle mise sur liste rouge avec la recrudescence des cas de Covid-19? Ce serait un nouveau coup dur pour Genève Aéroport, sachant que 30% de ses passagers viennent de l'Hexagone. Quid aussi du mois de décembre, très faste habituellement? Les charters et skieurs britanniques seront-ils présents alors que l'Angleterre vient de placer la Suisse sur liste rouge?

Quid enfin des compagnies aériennes? Il se murmure que les réservations de l'automne sont très en-dessous des prévisions. Si bien que certaines compagnies pourraient opérer un grounding en octobre ou en novembre. La compagnie easyJet, qui compte pour près de moitié dans tous les vols de Cointrin, pourrait y faire recours, affirment plusieurs sources concordantes à la RTS.

Raphaël Leroy/asch

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