Modifié le 24 mars 2020 à 10:17

Vers une coopération transfrontalière à Genève pour gérer la crise sanitaire

Le nouveau Centre Hospitalier Alpes-Léman (entre Annemasse et Bonneville) qui compte 700 lits.
Genève veut une coopération transfrontalière pour gérer la crise sanitaire La Matinale / 1 min. / le 24 mars 2020
Pour gérer la crise sanitaire liée au Covid-19, la direction genevoise de la Santé veut instaurer une coopération hospitalière transfrontalière. Les premières discussions sur ce sujet épineux mais décisif viennent tout juste de commencer.

Le canton de Genève souhaite pouvoir répartir les patients entre les différentes structures hospitalières, d'un côté comme de l'autre de la frontière, en fonction des soins qu'ils doivent recevoir.

A l'heure où les unités de soins intensifs vont bientôt devoir faire face au pic de la pandémie, la question est cruciale.

Des choix sanitaires et solidaires

"Beaucoup de situations vont être un peu compliquées", relève le maire de St-Julien-en- Genevois (France voisine) Antoine Vielliard dans La Matinale: "Où va être traité le personnel soignant des HUG qui est frontalier et qui est assuré à la Sécurité sociale? Où vont être traités les citoyens suisses qui vivent en France et qui sont assurés à la LAMal? Il faut que ce soient des choix uniquement humains, sanitaires et solidaires au niveau de la région".

Les cas les plus aigus seraient aiguillés vers les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et les autres hospitalisations se feraient en France voisine - essentiellement à l'hôpital d'Annecy et au nouveau centre hospitalier Alpes-Léman (entre Annemasse et Bonneville) qui compte 700 lits.

Une taskforce s'est réunie pour la première fois lundi soir pour se pencher sur cette coopération. Elle comprend aussi des ministres de la Santé d'autres cantons frontaliers comme Bâle, Neuchâtel et le Jura, ainsi que des responsables politiques français.

Une mutualisation appelée à durer?

Et cette mutualisation des structures hospitalières en temps de crise pourrait perdurer au-delà de l'actuelle pandémie. C'est en tout cas l'espoir du médecin et député PDC Bertrand Buchs: "La mutualisation est quelque chose qu'il faut faire", relève-t-il. "On l'a réclamée depuis longtemps - d'abord au niveau du canton de Genève entre le privé et le public. Maintenant, il faut vraiment faire le Grand Genève. On a un hôpital universitaire et il faut l'utiliser. Il n'y a plus de frontière."

Jura et Bâle viennent déjà en aide à la France en accueillant des patients gravement atteints. Ce n'est pas le cas pour l'heure aux HUG. Mais pour assurer suffisamment de lits en soins intensifs durant cette crise, il est nécessaire de fluidifier plus largement la frontière entre la France et la Suisse.

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Sylvie Belzer/oang

Publié le 24 mars 2020 à 08:25 - Modifié le 24 mars 2020 à 10:17