Modifié le 24 septembre 2019 à 20:51

A Genève, le devoir d'exemplarité des profs va trop loin selon les syndicats

Les enseignants genevois et les syndicats romands sont inquiets à cause d'une directive leur demandant l'exemplarité en tout temps.
Les enseignants genevois et les syndicats romands sont inquiets à cause d'une directive leur demandant l'exemplarité en tout temps. 19h30 / 2 min. / le 24 septembre 2019
Avec sa nouvelle directive, le Département genevois de l'instruction publique entend imposer un devoir d'exemplarité continu de la part des enseignants. Les syndicats dénoncent un texte flou et liberticide.

Cinq syndicats d’enseignants genevois se sont donné rendez-vous mardi matin. Tous avaient en ligne de mire une directive particulière du Département de l’instruction publique (DIP): les enseignants ont un devoir d’exemplarité, ils doivent adopter en tout temps un comportement auquel les élèves puissent s’identifier, y compris dans la sphère privée. Pour les syndicats, c’est trop.

Présidente de la Société pédagogique genevoise, Francesca Marchesini explique manquer de confiance envers le DIP. "Est-ce que j’ai le droit d’être sur une terrasse et de boire une bière ? Si des parents d’élèves nous voient et qu’ils ne trouvent pas ça admissible et qu’ils en réfèrent plus haut, est-ce que le Département va nous soutenir ?" Elle demande des précisions sur l’exemplarité demandée aux enseignants en dehors du contexte scolaire.

Mesures nécessaires après l'affaire Ramadan

"Un faux procès" selon la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta. Après l'affaire Tariq Ramadan. Il fallait prendre des mesures.

"J’ai donné des exemples; le racisme, la xénophobie, y compris sur les réseaux sociaux, y compris en dehors de la relation professeur-élève", explique la ministre en charge du DIP. "À un moment donné, il fallait publier cette directive, pour que le cadre soit clair, mais on peut encore le clarifier avec les syndicats s’ils le souhaitent."

Une directive qui intéresse les autres cantons

La directive intéresse à l'extérieur du canton. Pour les syndicats d'enseignants, cette première romande est inquiétante.

"Dans toutes les lois scolaires, il y a des références, aux comportements, à ce que doivent faire les professionnels, mais une telle directive qui met autant de flou n’existe pas dans les autres cantons", souligne le président du Syndicat des enseignants romands, Samuel Rohrbach.

Un début d’année scolaire peu serein à Genève, alors que sur le fond le canton et les enseignants sont d’accord: la sécurité des élèves est la priorité.

Julien Chiffelle

Publié le 24 septembre 2019 à 20:46 - Modifié le 24 septembre 2019 à 20:51