Modifié le 30 juin 2019 à 00:07

Gaz lacrymogène et heurts à Genève lors des manifestations camerounaises

Manifestations camerounaises sous tension
Manifestations camerounaises sous tension L'actu en vidéo / 1 min. / le 29 juin 2019
Partisans et opposants au président camerounais Paul Biya se sont retrouvés samedi à Genève, où la police a dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

La situation a commencé à dégénérer samedi en début d'après-midi: Les policiers genevois font usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants pro et antis président camerounais. Les policiers genevois font usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants pro et antis président camerounais. [Dominique Choffat - RTS] la police genevoise a dû intervenir sur la route de Ferney pour séparer les manifestants opposés, séparés par moins de 50 mètres. Les opposants au régime de Paul Biya ont tenté de s'approcher du lieu où il réside: "Il y a de fortes tensions et une atmosphère de guérilla urbaine en plein milieu de la Genève internationale", a résumé la correspondante de la RTS sur place.

Les forces de l'ordre ont sorti la tonne-pompe et fait usage de gaz lacrymogènes. Quelques heurts ont eu lieu entre les pro Biya et les opposants. Selon le porte-parole de la police genevoise, Sylvain Guillaume-Gentil, certaines personnes ont été incommodées, mais personne n'a été hospitalisé. A cause de la chaleur, quelques manifestants ont eu des malaises passagers. En fin d'après-midi, ils n'étaient plus que 30 à 50 personnes à manifester calmement.

Les deux manifestations avaient reçu l'aval des autorités genevoises. Elles étaient censées se dérouler l'une sur la place des Nations, pour les opposants au régime de Paul Biya, et l'autre sur l'avenue de Budé, pour les partisans du président. Au milieu, l'hôtel Intercontinental où séjourne depuis dimanche – pour des raisons privées – le président camerounais Paul Biya, âgé de 86 ans.

Un cordon policier pour retenir les manifestants camerounais à Genève. Un cordon policier pour retenir les manifestants camerounais à Genève. [Dominique Choffat - RTS] Grande tension

Les deux groupes se sont toutefois rapidement retrouvés et la police genevoise, déployée sur les lieux, a notamment dû faire usage de gaz lacrymogène. La plupart des policiers portaient des tenues anti-émeute.

Sur les réseaux sociaux, la tension était déjà palpable samedi matin entre les opposants au régime et les partisans du président Paul Biya, au pouvoir depuis 37 ans. Certains appelaient d'ailleurs à l'affrontement.

Sur Facebook, reprenant une photo de boxe modifiée avec son portrait et celui de président, l'opposant Martin Tajo parlait par exemple d'un "combat final" en Suisse.

Le rôle diplomatique de la Suisse

La diplomatie suisse joue un rôle de "facilitation" dans la crise que traverse actuellement le Cameroun. Une réunion avec divers groupes d'opposition vient d'avoir lieu en Suisse, pour préparer des négociations de paix entre le gouvernement et l'opposition politique.

La Suisse "s'emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun", en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire de Genève, a indiqué jeudi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué.

>> L'interview de Mauro Poggia dans Forum:

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia.
Martial Trezzini - Keystone
Forum - Publié le 29 juin 2019

Stéphanie Jaquet et l'ats

Publié le 29 juin 2019 à 12:15 - Modifié le 30 juin 2019 à 00:07

La Confédération convoque l'ambassadeur camerounais

La Confédération est intervenue auprès des autorités camerounaises après l'agression dont un journaliste de la RTS a été victime devant l'hôtel genevois où loge le président camerounais Paul Biya. Elle estime que de tels incidents sont "inacceptables".

L'ambassadeur du Cameroun a été cité à Berne. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) lui a indiqué que la liberté de la presse est protégée et devait être respectée, ont déclaré vendredi les services d'Ignazio Cassis.

L'hôtel Intercontinental, à Genève