Modifié le 27 juin 2019 à 10:00

"Je ne prétends pas à la rente, car je n'envisage pas de démissionner"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Pierre Maudet, conseiller d'Etat genevois chargé du développement économique
L'invité de La Matinale (vidéo) - Pierre Maudet, conseiller d'Etat genevois chargé du développement économique L'invité-e de La Matinale / 10 min. / le 27 juin 2019
Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet était l'invité jeudi de La Matinale de la RTS. Interrogé sur la question de sa rente à vie, le libéral-radical a été sans équivoque. Il n'y prétend pas pour l'instant, car il n'a pas l'intention de quitter son poste.

Car en théorie, le 29 juin, Pierre Maudet sera assuré de toucher une rente à vie à la fin de son mandat au gouvernement du canton de Genève. Presque 90'000 francs par an, 7400 francs par mois, et s'il reste jusqu'à la fin de sa mission de conseiller d'Etat en 2023, le montant de la rente pourrait grimper jusqu'à 125'000 francs par année. Une augmentation qui se justifie en raison des années de mandats supplémentaires et de la réduction de l'écart entre son âge et les 60 ans.

Pourtant, Pierre Maudet comprend que cela choque l'opinion publique et rappelle que c'est la raison pour laquelle il soutient les propositions du Conseil d'Etat genevois en 2013 et en 2017 de revoir le système de rente à vie, basé selon lui sur une époque différente où les membres de l'exécutif quittaient leurs fonctions plus tard. "Ce n'est évidemment pas adapté. Le Conseil d'Etat a lui-même proposé qu'on change cela, j'ai appuyé cette réforme, mais c'est un projet qui dort en commission", rappelle-t-il.

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Interrogé pour savoir s'il allait faire un geste et renoncer à sa rente au vu de sa situation particulière le temps que la justice fasse son travail, le conseiller d'Etat PLR répond sans équivoque: "La question ne se pose pas, puisque je ne suis pas dans cette situation. Je ne suis pas un cas particulier et j'envisage mon avenir à court terme au Conseil d'Etat, à remplir la mission que le peuple m'a confiée."

"Prendre de la distance me fait du bien"

Désormais en charge d'un département réduit, limité au Développement économique après s'être fait retirer la Sécurité, Pierre Maudet garde tout de même un oeil sur ce qu'il se passe. "C'est un sujet qui me passionne toujours, car la sécurité est la première condition cadre de l'économie. Mais le fait de prendre un peu de distance me fait du bien parce qu'il me permet de voir différemment un certain nombre de choses, les vrais enjeux", confesse le Genevois.

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Critiqué dans la presse dominicale par les syndicats de police pour s'être exprimé sur des dossiers impliquant les forces de l'ordre, le libéral-radical trouve "hallucinant" qu'on reproche à des conseillers d'Etat de se mêler des affaires des autres. "Nous ne sommes pas des administrateurs de départements juxtaposés. Nous sommes un Conseil d'Etat qui doit développer une vision pour Genève, donc il est bon et sain que des collègues me posent des questions sur les activité de mon département, comme je le fais pour eux", dit Pierre Maudet.

Propos recueillis par Xavier Alonso

Adaptation web: Jérémie Favre

Publié le 27 juin 2019 à 09:42 - Modifié le 27 juin 2019 à 10:00

Doute sur la date du 29 juin

A partir de quand Pierre Maudet est-il assuré de percevoir une rente à vie? Depuis des mois, les yeux sont rivés sur le 29 juin, date de sa prise en fonction en 2012.

Or, il semblerait que Pierre Maudet puisse déjà prétendre à sa rente annuelle depuis le 17 juin, date de son élection. L'article 13 de la loi sur le traitement et la retraite des conseillers d'Etat et du chancelier précise que les années de magistrature sont comptées à partir de la "date d'élection".