Modifié le 12 juin 2019 à 11:00

Les Verts genevois ressuscitent l'idée d'un revenu de base inconditionnel

Un camion déverse 8 millions de pièces de 5 centimes sur la Place fédérale lors du dépôt des signatures de l'initiative pour un RBI, en 2013.
A Genève, les Verts ressuscitent la proposition d'un RBI, un revenu de base inconditionnel La Matinale 5h - 6h30 / 1 min. / le 12 juin 2019
A Genève, les Verts ressuscitent la proposition d'un revenu de base inconditionnel. La RTS a appris que le parti écologiste demande la mise sur pied d'un projet pilote au niveau cantonal.

A l'approche de la grève des femmes, les Verts genevois présentent le revenu de base inconditionnel (RBI) comme un "outil central de l’égalité". Ils vont déposer prochainement au Grand Conseil une motion qui demande que soit menée une expérience pilote, sur "plusieurs années et sur un échantillon de personnes suffisamment large et diversifié", pour analyser les impacts "économiques, sociaux et écologiques" d'un RBI, dont ils ne précisent pas le montant.

Les Suisses ont pourtant largement refusé l'idée il y a trois ans. Mais pas de quoi semer le doute dans l'esprit de la députée verte Frédérique Perler: "On est dans une crise climatique, une crise de justice sociale et il y a vraiment une nécessité de revoir notre système économique et la manière dont on redistribue les richesses dans notre pays. Nous tenons à faire la preuve et la démonstration à travers un projet pilote que ce n'est pas une idée utopiste, mais qu'elle peut réellement se concrétiser", assure-t-elle.

Partir bas

A Genève, environ deux tiers des votants avaient dit non au RBI en 2016. Néanmoins, le retour de cette proposition ne semble pas vraiment étonner Giuliano Bonoli, professeur de politique sociale à l'IDEHAP, l'Institut de hautes études en administration publique à Lausanne. L'idée est "attrayante", explique-t-il. Mais il doute de la pertinence de tels tests: "C'est pratiquement impossible de découvrir les effets d'un outil de ce type à travers une expérience limitée à une partie de la population et dans le temps".

Selon lui, "peut-être que la piste la plus intéressante serait d'introduire quelque chose d'un montant très limité, qui existe déjà par exemple en Alaska. L'ordre de grandeur c'est 1500 à 2000 dollars par an et par citoyen. De telles sommes n'ont pas un impact majeur sur le marché du travail et peuvent être adoptés sans trop de risques". Giuliano Bonoli suggère donc de partir bas quitte à augmenter éventuellement petit à petit le montant accordé.

En Suisse romande, le Parlement de la ville de Lausanne s'est déjà prononcé pour un tel test.

Guillaume Rey/pym

Publié le 12 juin 2019 à 08:59 - Modifié le 12 juin 2019 à 11:00