Modifié le 11 juin 2019 à 09:34

A Genève, 66 marraines pour des femmes qui ont peur de faire grève

Face à la grève des femmes annoncée le 14 juin, employeurs et cantons prennent leurs précautions.
A Genève lors du défilé de la grève des femmes, 66 «marraines» remplaceront de femmes qui renoncent au cortège La Matinale / 1 min. / le 11 juin 2019
Vendredi 14 juin, à Genève, 66 marraines remplaceront des femmes qui renoncent à défiler par peur de perdre leur travail ou par crainte de représailles de leur employeur. Une sorte de mobilisation par procuration.

"Retraitée ou indépendante, défilez pour une filleule d'un jour!".

C'est le slogan de ces 66 femmes, retraitées ou indépendantes, qui ont choisi de représenter, à Genève, celles qui renoncent à participer à la grève des femmes du 14 juin. Celles qui n'osent pas protester, redoutant de voir partir en fumée un emploi parfois précaire.

Une initiative à laquelle sont également associées les étudiantes occupées à passer des examens, et qui n'ont pas été libérées ce jour-là.

Symbole d'un climat délétère

L'initiative en dit long sur le climat qui règne dans certains milieux professionnels quand on évoque le droit de grève.

Le fait de jouer un rôle de représentation, d'endosser le rôle de faire-valoir pour des femmes qui ont le sentiment d'être victimes d'intimidation montre aussi le peu d'évolution depuis des décennies, estime Charlène Volland, une juriste retraitée à l'origine de cette démarche, choquée qu'oser revendiquer l'égalité puisse conduire à des sanctions, voire un licenciement.

Une pancarte fera office de symbole personnifié lors du défilé. Elle sera brandie par les marraines d'un jour où seuls figurent les prénoms de leur filleules, ainsi que leur métier et le canton dans lequel elles travaillent ou étudient.

Pierre-Etienne Joye/ddup

Publié le 11 juin 2019 à 09:28 - Modifié le 11 juin 2019 à 09:34