Modifié le 21 mai 2019 à 09:25

Genève renonce aux trottinettes électriques en libre-service

Genève renonce à autoriser les trottinettes électriques en libre-service.
Genève renonce aux trottinettes électriques en libre-service La Matinale / 1 min. / le 21 mai 2019
Genève renonce pour l'instant à autoriser les trottinettes électriques en libre-service, a appris la RTS. La ville du bout du lac préfère miser sur les vélos alors qu'ailleurs en Europe des mesures sont prises pour faire face à ces engins.

Genève aurait pu devenir la première ville romande à proposer des trottinettes électriques en libre-service, mais il n'en sera rien. Le canton a décliné l'offre de deux entreprises il y a quelques semaines afin d'accorder la priorité au développement d'un réseau de vélos en libre-service pour le printemps prochain, en partenariat avec quinze communes.

"Nous avons reçu plusieurs demandes, mais nous avons indiqué que notre priorité était le vélo et que, par souci de ne pas créer de la confusion, nous y renoncions pour l'instant", explique mardi Serge Dal Busco, conseiller d'Etat en charge des transports, dans La Matinale.

Préparer le terrain

Pour Alfonso Gomez, président de Pro Vélo Genève, les trottinettes électriques feront malgré tout partie tôt ou tard de la mobilité et les élus devraient préparer le terrain.

"Il est clair que ces trottinettes ont leur place sur les pistes cyclables, mais pour cela il faut aménager ces voies, elles doivent être beaucoup plus larges", assure-t-il.

Déferlante à Paris

Des entreprises ont aussi approché Lausanne récemment, mais les autorités politiques ne se sont pas encore emparées du dossier. Si la capitale vaudoise devait autoriser la trottinette électrique en libre-service, ce serait au prix d'un règlement strict.

Pas question de répéter la gabegie parisienne, où quelque 15'000 trottinettes électriques sont en location et encombrent les trottoirs, ce qui a conduit début avril la mairie à décider d'amender sévèrement ceux qui circulent en zones piétonnes.

En Suisse, seules les villes de Zurich et Bâle connaissent aujourd'hui le libre accès pour les trottinettes. Pour réguler leur nombre, Zurich mise sur des taxes imposées aux opérateurs. La cité rhénane plafonne quant à elle le nombre d'engins des sociétés de location.

Céline Fontannaz/gma

Publié le 21 mai 2019 à 08:02 - Modifié le 21 mai 2019 à 09:25

"Réel danger pour le piéton"

Invitée de La Matinale mardi, l'architecte et urbaniste Ariane Widmer estime que les voies cyclables ne sont pas extensibles à souhait. "La trottinette électrique est particulière: est-ce que vous êtes un piéton ou un cycliste? Ce n'est pas tout à fait clair. Il y a une espèce de frontière qui nous oblige à réfléchir, nous savons aussi que les mettre sur les trottoirs n'est pas une bonne chose, il y a un réel danger pour le piéton", déclare-t-elle.

"Nous pouvons être un peu restrictifs car là-derrière il n'y a pas seulement une envie de mobilité douce, il y a aussi une envie de faire de l'argent. Ces entreprises sont des modèles économiques et elles sont extrêmement agressives", ajoute la nouvelle directrice de la planification cantonale et régionale de l'Etat de Genève.

>> L'interview d'Ariane Widmer dans La Matinale: