Modifié le 16 avril 2019 à 07:46

Le tourisme d'achats des Genevois en France "n'a rien de dramatique"

Un panneau publicitaire à Genève vantant l'ouverture le dimanche d'un magasin français.
Le tourisme d'achats des Genevois en France "n'a rien de dramatique" Le Journal horaire / 1 min. / le 16 avril 2019
Le volume d'achats effectués en France par des résidents du grand Genève est moins élevé qu'imaginé par beaucoup, mais ce tourisme d'achats s'effectue surtout en voiture, relève une étude publiée lundi.

Sur une somme de 100 euros disponible pour sa consommation courante, un ménage qui habite en Suisse en dépensera 9 dans les magasins français.

Dans le sens inverse, un résident de France voisine dépensera 5 euros sur 100 en Suisse, révèle cette enquête sur les habitudes de consommation dans le territoire du Grand Genève réalisée par le cabinet AID à partir d'un échantillon représentatif de 3400 ménages.

400 millions dépensés en France

Les dépenses des résidents suisses en France s'élèvent à environ 400 millions de francs par année sur un chiffre d'affaires total des commerces du territoire du grand Genève atteignant un peu plus de 7 milliards de francs. Les résidents français, eux, consomment pour 150 millions de francs par année auprès des enseignes suisses.

La fuite du chiffre d'affaires de l'autre côté de la frontière est bien réelle, même si en volume, le phénomène n'a rien de "dramatique", a noté le président du Conseil d'Etat genevois Antonio Hodgers en présentant les résultats de cette étude.

Des achats en voiture

Le magistrat genevois s'est en revanche montré plus préoccupé par les questions de mobilité liées à ces achats transfrontaliers, car la voiture est reine dans le domaine des achats à l'étranger.

Selon Antonio Hodgers, cette enquête doit permettre aux autorités des deux côtés de la frontière de mieux se coordonner en matière de développement de commerces. L'objectif serait de favoriser autant que possible la mobilité douce et les transports en commun.

Une telle réflexion doit se faire par exemple avec le Léman Express. Les pendulaires ne devraient pas être incités à garder leur voiture uniquement dans la perspective de faire leurs courses en rentrant du travail. Il faudra faire en sorte que la notion de proximité demeure un atout, a souligné le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

ats/boi

Publié le 15 avril 2019 à 16:43 - Modifié le 16 avril 2019 à 07:46

Certains commerces français dépendent à 50% des acheteurs suisses

Du côté français, certaines grandes surfaces très proches de la frontière dépendent à 50% de la clientèle suisse et sont très exposées à des variations du taux de change ou des difficultés que pourraient rencontrer l'économie genevoise.

Il faut être vigilants et ne pas ajouter de centres commerciaux dans ces endroits déjà fragiles, a relevé le vice-président du pôle métropolitain du genevois français Pierre-Jean Crastes. Ce dernier ne veut pas plus que la France devienne le supermarché du canton de Genève et n'ait que des emplois dans la distribution à proposer.