Modifié le 15 avril 2019 à 11:55

L'avenir de la caisse de pension de l'Etat de Genève se joue le 19 mai

Les fonctionnaires genevois avaient manifesté pour défendre leurs conditions de travail et de retraite le 15.11.2018.
L'avenir de la caisse de pension de l'Etat de Genève se joue le 19 mai La Matinale / 2 min. / le 15 avril 2019
Après des années d'incertitudes, la caisse de pension des employés de l'Etat de Genève devrait être fixée sur son sort lors des votations du 19 mai. Deux projets de loi seront soumis au vote des Genevois.

La caisse publique genevoise est la plus faiblement capitalisée du pays et doit être renflouée à hauteur de plusieurs milliards pour atteindre les exigences fédérales. Mais les mesures structurelles censées accompagner cet apport financier divisent la gauche et le Conseil d'Etat. Les deux camps soumettent donc leur solution au vote des Genevois.

D'un côté le gouvernement, soutenu par la droite, propose une recapitalisation à hauteur de 4,6 milliards de francs à charge de l'Etat, accompagnée de mesures comme le passage de la primauté des prestations à la primauté des cotisations pour les fonctionnaires.

L'importance d'un "équilibre des efforts"

Le montant est "énorme", souligne la conseillère d'Etat Nathalie Fontanet qui estime cependant que le projet est équilibré. "Je ne pense pas qu'on peut traiter ce sujet par-dessus la jambe", relève-t-elle dans La Matinale. "C'est pour ça que c'est important d'avoir un projet de loi qui prévoit un équilibre des efforts entre les assurés et les contribuables, qui finalement vont financer cette recapitalisation."

Dans l'autre camp, la gauche a une vision différente. Elle propose de recapitaliser par le biais de terrains constructibles que le canton donnerait à la caisse de pension. Et surtout, elle ne veut pas faire baisser les conditions de retraite des employés de l'Etat.

Des retraites "dignes" pour les employés de l'Etat

"Les retraites ont déjà été baissées en moyenne de 17% depuis 2013", fait remarquer le président du cartel intersyndical Marc Simeth. "En 2018, on revient, on nous dit que c'est une catastrophe et bien sûr on s'en prend aux prestations et on veut nous augmenter nos cotisations. Les retraites pour les employés de l'Etat doivent être dignes, et c'est ce que demande notre projet de loi."

Quatre cas de figure

Quatre scénarios pourraient sortir des urnes le 19 mai: l'acceptation de l'un ou l'autre des projets, une double acceptation qui serait réglée par une question subsidiaire ou encore le double rejet. Dans ce cas, la situation deviendrait compliquée pour la caisse de pension qui se retrouverait hors délais légaux et devrait procéder d'office à des baisses de prestations pour les fonctionnaires.

Tania Sazpinar/oang

Publié le 15 avril 2019 à 08:08 - Modifié le 15 avril 2019 à 11:55