Modifié le 15 avril 2019 à 16:19

Un centre d'hébergement pour requérants fait polémique à Genève

Un centre d'hébergement pour requérants fait polémique à Genève
Un centre d'hébergement pour requérants fait polémique à Genève L'actu en vidéo / 1 min. / le 14 avril 2019
Après le suicide d’un jeune du foyer de l’Etoile, centre d’hébergement pour requérants d’asile mineurs non-accompagnés à Genève, des résidents et ex-résidents du lieu dénoncent leurs conditions de vie.

Le 29 mars dernier, Ali, jeune Afghan de 18 ans, décédait aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), 48 heures après avoir tenté de mettre fin à ses jours dans sa chambre du foyer de l’Etoile.

Les raisons d'un suicide sont multiples, mais sa mort attire l'attention sur les difficultés d'encadrement des RMNA, les requérants d’asile mineurs non-accompagnés, et suscite une vague d’émotion et de colère au sein du foyer.

"Le foyer, c'est une prison"

Une petite dizaine d’entre eux a souhaité témoigner. "Tout le monde dit le foyer, c’est chez vous". Nous on pense que le foyer c’est une prison ", explique Anthony (prénom d’emprunt)."Pour faire les devoirs, écrire quelque chose, on ne peut pas, on n’est pas tranquille dans nos cerveaux, il y a beaucoup de bruit, les assistants viennent, les agents de sécurité…’Fais pas ci, fais pas ça’, on fait quoi alors ?"

Arash (prénom d’emprunt) évoque lui un manque d’écoute de la part des éducateurs du centre: "On est dans l’âge où chaque personne a des sentiments différents, des difficultés, mais pour eux, tout le monde est pareil. Ils ne demandent pas quel est le problème de chacun."

Il y a un an, un rapport de la Cour des comptes pointait déjà du doigt les conditions d’hébergement des RMNA, jugées "rudimentaires" et relevait des problématiques de bruit, d’insécurité et de promiscuité au sein du centre.

Un lieu pas adapté aux mineurs

Au plus fort de la crise migratoire, entre 2015 et 2016, le foyer de l’Etoile hébergeait jusqu’à 180 mineurs. Aujourd’hui, 35 RMNA et 70 ex-RMNA, jeunes tout juste majeurs, y vivent.

"C’est vrai que ça reste difficile, reconnaît Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l’Aide aux migrants, à l’Hospice général. On a une centaine de jeunes, entre les mineurs et les jeunes majeurs, qui sont d’origines différentes. Il faut faire cohabiter toutes ces personnes dans des locaux qui je le précise, à la base, n’étaient pas prévu pour accueillir des mineurs."

Au-delà du manque d’écoute et d’encadrement dénoncé, Anthony et Arash évoquent aussi des faits de violence avec les agents de sécurité chargés de la veille de nuit dans le centre.. Une vidéo tournée clandestinement au foyer, en 2016, montre une scène d’altercation. L’Hospice général assure que l’affaire a été prise en charge et qu’un agent a été écarté. "Là on a vraiment eu un cas très spécifique, isolé. Les agents de protection sont là pour la protection des résidents. Ils sont perçus peut-être pour brimer les jeunes, mais ce n’est pas du tout le cas."

Flore Amos/ther

Publié le 14 avril 2019 à 22:52 - Modifié le 15 avril 2019 à 16:19