Modifié le 12 février 2019 à 06:38

Une majorité de Genevois souhaite la démission de Pierre Maudet

Une majorité de Genevois souhaite la démission de Pierre Maudet
Une majorité de Genevois souhaite la démission de Pierre Maudet L'actu en vidéo / 1 min. / le 11 février 2019
Plus de 62% des Genevois sont "plutôt favorables" au départ du conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, révèle lundi un sondage commandé par la RTS, Le Temps et Radio Lac.

Les Genevois, à 62,4%, sont "plutôt favorables" à une démission de Pierre Maudet. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé du 29 janvier au 5 février. Ils sont 26,1% "plutôt pas favorables" à un départ, et 11,5% indécis.

Ce souhait de voir le conseiller d’Etat partir est partagé par les sondés qui ont voté pour Pierre Maudet lors des dernières élections cantonales, en avril 2018, avec 61,5% d'avis "plutôt favorables" à une démission contre 33,2% "plutôt pas favorables".

Les Genevois qui votent PLR, le parti de Pierre Maudet, sont eux aussi majoritairement favorables à une démission (64,6%).

Les sondés estimant que Pierre Maudet doit démissionner donnent plusieurs raisons. Pour eux, il doit partir parce qu’"il a menti à la population". C’est l’explication qui est le plus souvent donnée. Certains répondent qu’"il n’a pas montré l’exemple". D’autres souhaitent son départ "par respect pour la population et pour les gens qui l’ont élu".

Les 26,1% de Genevois qui ne souhaitent pas le départ de Pierre Maudet avancent notamment qu’"il y a un acharnement des médias à son encontre". Ils disent encore que l’élu "est un excellent politique malgré tout", mais aussi qu’il bénéficie "de la présomption d’innocence".

Pierre Maudet ferait un mauvais score

Que voteraient les Genevois si une élection partielle devait avoir lieu dans un avenir proche et que Pierre Maudet devait se représenter? Ils seraient 17% à voter pour lui "sans problème", mais près de 59% à ne pas inscrire son nom sur le bulletin de vote. Il y a quelque 24% d’indécis.

A titre comparatif, alors que 17% des Genevois, dans un avenir proche, glisseraient le nom de Pierre Maudet dans les urnes, ils étaient plus de 50% à l’avoir fait il y a dix mois, lors du premier tour des élections cantonales genevoises.

Il ressort du sondage que l’affaire Maudet, dont 94% des sondés ont entendu parler, a détérioré l’image que les Genevois avaient des politiciens genevois en général. Pour plus de 68% des sondés, cette image a été "plutôt détériorée" ou "vraiment beaucoup détériorée". Ce sentiment d’image détériorée est encore plus marqué chez les sondés qui ont voté pour Pierre Maudet lors des dernières élections cantonales (71,4%) ainsi que chez ceux qui votent PLR (72,5%).

Une majorité de Genevois (65%) estime que cette affaire a aussi détérioré l’image du PLR dans son ensemble. Les électeurs de Pierre Maudet (71%) et les sympathisants PLR (70,9%) partagent cet avis.

Cette affaire a également détérioré l’image du principal intéressé. Près de 78% des Genevois le pensent alors qu’ils sont 14% à répondre qu’il n’y a pas de dégât d’image pour lui.

"Mauvaise" gestion du Conseil d'Etat

Plus de 55% des Genevois estiment que le Conseil d’Etat genevois, dans son ensemble, a eu une gestion "très mauvaise" ou "plutôt mauvaise" de l’affaire ces six derniers mois. Ils sont un peu plus de 25% à avoir un avis différent en parlant d’une gestion "plutôt bonne" ou "très bonne". Il y a environ 20% d’indécis.

Si l’on met de côté l’affaire Maudet, les Genevois ont une appréciation plus positive de la qualité des actions politiques du Conseil d’Etat. A 51%, ils la qualifient de "plutôt bonne" ou "très bonne". Ils sont 32,1% à la juger "très mauvaise" ou "plutôt mauvaise".

Pierre Maudet réagit au micro de SRF

Lundi soir, le conseiller d'Etat était l’invité du journaliste Roger Schawinski sur SRF. A cette occasion, il en a profité pour livrer sa première réaction de vive voix après la publication du sondage (voir aussi son communiqué ci-dessous).

Pierre Maudet reagit au sondage sur sa demission
L'actu en vidéo - Publié le 11 février 2019

Pour l'élu PLR, ce résultat "interpelle" et il est important d'en prendre acte. Pourtant, il émet des doutes et certaines questions. Pour lui, il serait important de savoir sur quoi se sont appuyées les personnes qui ont été sollicitées lors de cette enquête. Quelle a été l'influence des médias ou des réseaux sociaux?

Pierre Maudet estime au contraire que les citoyens devraient se baser sur "sa parole" ou encore sur "ce qu’il démontre". L'ancien candidat au Conseil fédéral considère enfin que "ce n'est pas fini" et se dit prêt "à convaincre les gens".

Fabiano Citroni/vkiss

Publié le 11 février 2019 à 18:00 - Modifié le 12 février 2019 à 06:38

La déclaration de Pierre Maudet

"Je prends acte des résultats de ce sondage, dont l'approche scientifique trahit une démarche qui ne l'est pas. Il s'agit au fond plus d'une information orientée, que d'une vérité absolue, compte tenu des nombreux biais (influence dans la formulation et orientation dans l'enchaînement des questions, consultation effectuée avant une décision judiciaire, etc.) de ce type d'exercice. D'après les bribes d'éléments qui m'ont été transmis ce lundi pour commentaire, et sans avoir accès à une vue d'ensemble, il semblerait qu'un grand nombre de sondés évoque "l'acharnement des médias" à mon encontre pour justifier leur soutien. Cet "acharnement" entraîne aussi l'effet inverse, mais de façon insidieuse, puisque c'est justement le déferlement de nouvelles – souvent inexactes – me concernant qui provoque et alimente les dégâts d'image qui me sont par la suite reprochés.

Par ailleurs, je m'interroge sur le fait qu'à aucun moment, on ne demande aux personnes sondées leur avis concernant le rythme de la procédure dans cette affaire. Outre la temporalité et l'aiguillage qui ont été donnés à ce sondage, je me pose également la question de son ciblage: Pourquoi n'a-t-on pas eu droit, dans un passé récent, à une enquête de popularité sur d'autres élus actuels ou sortants? L'affaire des notes de frais des Conseillers administratifs de la ville de Genève a-t-elle détérioré l'image que l'on a des politiciens genevois en général? Je serai aussi curieux de connaître les résultats d'un questionnaire critique, évaluant la confiance envers les médias et leur virulence contre un magistrat en particulier. Ou encore, portant sur la crédibilité de mes détracteurs, certains ayant fabriqué des fausses informations pour me nuire, et ce que certains médias ont relayé, avant que le ministère public ne constate, environ 10 mois plus tard, la supercherie. En l'état, il est surtout utile de rappeler que, malgré les attaques dont je fais continuellement l'objet, une majorité du corps électoral continue d'accorder sa confiance à mes projets. J'en veux pour preuve, la votation de ce dimanche sur la laïcité qui s'est tout de même soldée dans les urnes par une acceptation à 55%".

Méthodologie

Sondage réalisé du 29 janvier au 5 février 2019 par l’institut M.I.S Trend à Lausanne et Berne, auprès de 1032 citoyens genevois, âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population. Marge d’erreur sur le total: plus ou moins 3,1%.