Modifié le 10 février 2019 à 21:01

Les Genevois disent oui à la nouvelle loi sur la laïcité de l'Etat

La loi sur la laïcité est acceptée par les Genevois à 55,1% des voix.
La loi sur la laïcité est acceptée par les Genevois à 55,1% des voix. 19h30 / 2 min. / le 10 février 2019
Les Genevois ont dit oui dimanche à 55% à la nouvelle loi sur la laïcité qui encadre les rapports entre l'Etat et les communautés religieuses. Les initiatives pour le remboursement des soins dentaires et une caisse maladie publique sont rejetées.

La nouvelle loi sur la laïcité a été acceptée dimanche par les Genevois. Ce texte, qui interdit notamment les signes extérieurs d'appartenance religieuse aux fonctionnaires et aux élus, est approuvé par plus de 55% des votants. Le taux de participation a été de 43,8%.

>> L'analyse de la cheffe du bureau de Genève Sylvie Belzer:

 

>> La réaction de l'imam Vahid Khoshideh, membre de l'Union des organisations musulmanes de Genève:

 

>> La réaction du conservateur du Musée international de la Réforme, Gabriel de Montmollin:

Refus des deux autres objets

Les deux autres objets concernant la prise en charge des frais de santé sont quant à eux refusés. L'initiative populaire du Parti du Travail en faveur du remboursement des soins dentaires de base est rejetée à 54,8%.

>> Revoir également le sujet du 19h30:
Genève rejette une assurance obligatoire sur les soins dentaires à 54,8%.
19h30 - Publié le 10 février 2019
 

Celle pour une caisse d'assurance maladie et accidents publique à but social est également refusée à 55,5%.

Loi sur la laïcité combattue

Portée à l'origine par le conseiller d'Etat Pierre Maudet, la nouvelle loi sur la laïcité avait été adoptée en avril dernier par la majorité de droite du Grand Conseil. Ses partisans estiment qu'elle permet de prévenir le repli identitaire.

La loi est toutefois loin de faire l'unanimité. Elle a fait l'objet de quatre référendums, issus des partis de gauche ainsi que des associations syndicales, féministes et musulmanes, qui dénoncent un texte liberticide et discriminatoire.

La justice se penchera sur la loi

L'article interdisant le port de signes religieux par les élus politiques membre de législatifs est particulièrement controversé. Cette disposition fait d'ailleurs partie de celles qui sont attaquées par un recours devant la justice.

Le texte pourrait aussi se retrouver confronté à un autre projet de loi, déposé fin janvier par Ensemble à gauche. Ce nouveau projet ne contient pas les aspects controversés de la loi soumise dimanche au peuple, soit l'interdiction des signes extérieurs d'appartenance religieuse.

"Je crois que lorsque le peuple accepte un projet de loi, il faut être démocrate et l'accepter", a relevé le conseiller d'Etat Mauro Poggia dans l'émission Forum. Ensuite, il y a effectivement des limitations qui doivent être posées, par la justice le cas échéant (…) Ensuite il s'agit pour l'autorité exécutive de mettre en pratique ces dispositions et de regarder jusqu'où on peut aller pour ne pas franchir la ligne rouge qui est celle de la liberté individuelle."

>> Ecouter le sujet de Forum avec l'interview de Mauro Poggia:

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia.
Salvatore Di Nolfi - Keystone
Forum - Publié le 10 février 2019

ats/ptur

Publié le 10 février 2019 à 12:14 - Modifié le 10 février 2019 à 21:01

Satisfaction à droite

La loi sur la laïcité "définit la neutralité de l'Etat", a rappelé dimanche le PLR genevois dans un communiqué. Et d'ajouter: "contrairement à ce que n'ont eu de cesse de répéter les comités référendaires, cette loi n'est pas discriminatoire, mais s'adresse à toutes les religions sur un pied d'égalité."

Satisfaction également à l'UDC. Le parti a relevé que "le laïcisme n’a jamais posé de problèmes à Genève avant d’être confronté à l’arrivée de nombreux musulmans dont certains forment des revendications inacceptables" pour la société. "Il est donc normal qu’au sein de l’administration mais aussi dans le Parlement et les délibératifs aucun signe religieux ne soient affichés, respectant une paix confessionnelle à laquelle les Genevois sont attachés", a ajouté l'UDC.