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"L'affaire Maudet est comme un trou noir, elle absorbe tous les débats"

Le président du Conseil d'Etat Antonio Hodgers, photographié ici en décembre 2018. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
"L'affaire Maudet est comme un trou noir, elle absorbe tous les débats" / La Matinale / 4 min. / le 17 janvier 2019
Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat genevois, commente la décision du gouvernement de retirer la Sécurité au ministre Pierre Maudet, alors que l'élu PLR est toujours visé par une enquête pénale pour acceptation d'un avantage.

Le Conseil d'Etat l'a annoncé mercredi: Pierre Maudet est désormais privé non seulement de la présidence, mais aussi du Département de la Sécurité dans son ensemble. Faut-il y voir une sanction de la part du collège gouvernementale?

"Cela peut être une interprétation, mais c'est surtout un dispositif qui permet au Conseil d'Etat de travailler et d'avancer", nuance Antonio Hodgers, à la tête de l'exécutif cantonal, jeudi au micro de La Matinale de la RTS.

Débats politiques phagocytés

"L'affaire Maudet est comme un trou noir, elle absorbe tout autour d'elle, alors qu'on a des enjeux majeurs en matière fiscale, environnementale, sociale, de circulation à Genève. On a l'impression que tous les débats politiques sont absorbés par cette affaire", commente l'élu écologiste.

Pour motiver sa décision d'aller de l'avant, le Conseil d'Etat a jugé que Pierre Maudet avait "une attitude mensongère", que ses comportements étaient "indignes de sa fonction", tout en prenant acte de sa volonté de poursuivre son mandat au sein du gouvernement, souligne-t-il encore.

Besoin de verticalité à la Sécurité

Une lettre du procureur général Olivier Jornot, qui mettait en garde le Conseil d'Etat sur la difficulté à laisser la charge du Département de la Sécurité à Pierre Maudet, n'a pas eu de poids réel dans la décision de lui retirer cette charge, précise Antonio Hodgers.

>> Lire: Olivier Jornot a invité le gouvernement à retirer la Sécurité à Pierre Maudet

"Le Ministère public, tout comme le gouvernement, ont constaté qu'on ne peut pas durablement avoir une direction bicéphale en matière de sécurité, avec Mauro Poggia en charge de la police et Pierre Maudet en charge des prisons", explique-t-il. "La sécurité est un tout, et s'il y a un service qui a besoin de hiérarchie et de décisions univoques, c'est bien celui de notre corps armé."

Privé de son dicastère, Pierre Maudet a-t-il encore un travail à plein temps? "Il faut le lui demander, chaque conseiller d'Etat est responsable de ses journées", esquive le président.

"Dégât d'image pour Genève"

Se défendant de fuites et de "coups bas" au sein du gouvernement, Antonio Hodgers évoque "des désaccords, mais aussi des accords", notamment sur le désir de poursuivre l'action gouvernementale au-delà de cette affaire.

"J'ai eu personnellement les retours de deux conseillers fédéraux qui s'inquiètent fortement de l'image de Genève à Berne. Il est important aujourd'hui de passer à autre chose", conclut le Genevois.

>> Revoir le débat d'Infrarouge sur l'affaire Maudet:

Pierre Maudet: la République en otage? [RTS]
Pierre Maudet: la République en otage? / Infrarouge / 60 min. / le 16 janvier 2019

Propos recueillis par Julien Bangerter

Adaptation web: Katharina Kubicek

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