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La voie réservée au covoiturage aux portes de Genève vivement critiquée

La voie de circulation franco-genevoise réservée au covoiturage ne fait pas l'unanimité [RTS]
La voie de circulation franco-genevoise réservée au covoiturage ne fait pas l'unanimité / 19h30 / 2 min. / le 2 décembre 2018
La voie transfrontalière réservée au covoiturage devant permettre de fluidifier le trafic à la douane de Thônex-Vallard, aux portes de Genève, est critiquée. Les règles de cette mesure lancée en octobre ne sont pas toujours respectées.

Le projet franco-suisse, en phase d'essai, est une première européenne. Si une voie réservée aux covoitureurs fait l'unanimité sur le principe, son fonctionnement est pourtant vivement critiqué.

"J'ai l'impression que des gens prennent quand même cette voie alors qu'ils sont tout seuls dans leur voiture", lance un automobiliste empruntant régulièrement le tronçon passant par la douane de Thônex-Vallard.

Deux passagers minimum

Les automobilistes qui veulent prendre la voie réservée doivent transporter au moins deux passagers. Selon les observations de la RTS sur place, un nombre important de véhicules ne respecte pourtant pas l'utilisation de cette voie. A certains moments, les conducteurs voyageant seuls sont jusqu'à 50%.

Les autorités cantonales en charge du volet suisse soulignent que ce projet est en phase d'essai et qu'un premier bilan sera tiré au printemps. Des mesures pourront être prises entre-temps.

"Nous sommes en train de mettre en place des actions de communication, d'information, d'incitation et de prévention pour minimiser certains comportements inadéquats", indique le Département des infrastructures du canton de Genève (DI).

Pas de verbalisation possible

Une des pistes étudiées passerait par une présence policière à certains moments critiques. Contrairement à leurs homologues français, les agents genevois n'ont cependant pas de base légale pour verbaliser.

Il ne s'agit pas de la seule raison qui explique le non-respect de la voie réservée au covoiturage. Pour le Groupement transfrontalier européen (GTE), le message n'est pas clair: les automobilistes qui laissent leur véhicule au parking relais côté suisse n'ont par exemple pas accès à cette voie prioritaire alors qu'ils prennent, au final, les transports publics genevois.

"Ces personnes se sont retrouvées du jour au lendemain coincées dans l'autre file, la non-prioritaire. Il y a un défaut de départ: il n'y a pas eu de concertation et voilà comment on en arrive à quelque chose d'assez aberrant", estime Michel Charrat, président du GTE.

"Large travail d'information"

"Cette expérimentation franco-suisse novatrice a fait l'objet d'un large travail d'information en amont. Les abonnés du P+R de Sous-Moulin ont reçu un courrier personnel les encourageant à devenir covoitureur", informe le DI.

Le canton de Genève s'est posé comme objectif d'augmenter le taux de covoiturage de 11 à 20 pourcent sur ce tronçon grandement fréquenté.

Elsa Anghinolfi/gma

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