Modifié le 21 novembre 2018 à 14:52

La justice genevoise prend position en faveur de l'initiative "zéro pub"

Première victoire pour l'initiative "Zéro pub" à Genève. La justice genevoise vient de statuer en faveur des initiants.
Première victoire pour l'initiative "Zéro pub" à Genève. La justice genevoise vient de statuer en faveur des initiants. 12h45 / 1 min. / le 21 novembre 2018
La justice genevoise vient de statuer en faveur de l'initiative "zéro pub", un an après le dépôt du texte. Désavoué, le Conseil d'Etat pourrait faire recours auprès du Tribunal fédéral.

Des affichages vierges de toute publicité avaient marqué les esprits en ville de Genève en janvier 2017, à l'occasion d'une passation de mandat entre deux sociétés privées. Les habitants s'étaient donnés à coeur joie, un élan de créativité avait émergé, donnant à la ville un air de galerie d'art à ciel ouvert.

Ce mouvement a donné l'idée à un groupe de citoyens de lancer une initiative visant à bannir les panneaux publicitaires de la ville.

Jean Rossiaud.

La publicité attire toujours l'oeil, c'est une pollution qu'on ne peut pas éviter. C'est un peu comme la fumée passive.

Jean Rossiaud, député vert au Grand Conseil genevois

"Tous les piétons, toutes les personnes qui se baladent dans la ville sont parfois gênées par la publicité. La publicité attire toujours l'oeil, c'est une pollution qu'on ne peut pas éviter. C'est un peu comme la fumée passive... C'est là-dessus qu'on veut travailler: s'il y a de l'information utile pour les petites et moyennes entreprises, pour les petits commerces, évidemment qu'il faut la donner. Mais pas sous cette forme-là", estime Jean Rossiaud, député vert au Grand Conseil genevois, qui fait partie des initiants.

>> Lire: Une initiative s'attaque à la publicité commerciale dans les rues de Genève

Initiative d'abord invalidée

Dans un premier temps, l'initiative "zéro pub" a été invalidée par le gouvernement. Mais la justice cantonale vient de donner raison aux initiants: si les panneaux publicitaires sont retirés, cela pourrait représenter un manque à gagner estimé entre 3 et 5 millions de francs par année pour la municipalité.

"Par rapport à l'enjeu de la pollution aujourd'hui dans la ville, ce n'est pas une grosse perte. On peut gagner en qualité de vie car ça correspond à une politique sur le climat: moins d'incitation, c'est moins de consommation", ajoute Jean Rossiaud.

Le gouvernement pourrait déposer un recours auprès du Tribunal fédéral, mais n'a pour l'heure donné aucune communication en ce sens.

Ana Silva/jvia

Publié le 21 novembre 2018 à 14:50 - Modifié le 21 novembre 2018 à 14:52