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Consternation à Fribourg, forcé de renoncer à son mode facturation des médicaments en EMS

Des assureurs condamnent le système fribourgeois de l'assistance pharmaceutique dans les EMS du canton. [Garo/Phanie - AFP]
Fribourg devra cesser la facturation forfaitaire des médicaments dans les EMS / Le 12h30 / 1 min. / le 1 mai 2018
A la suite d'un changement de la loi fédérale, le canton de Fribourg devra bel et bien renoncer à son système forfaitaire de facturation des médicaments en EMS. Ses négociations avec les assureurs ont échoué.

Depuis le 1er janvier dernier, tous les EMS de Suisse sont tenus de ne plus facturer la consommation de médicaments de manière forfaitaire. Ils doivent facturer spécifiquement par patient individuel, et fournir ces données aux assureurs-maladie.

Les assureurs transmettent ensuite ces données à l'institution commune LAMal, de manière à ce que celle-ci puisse affiner le calcul de la compensation des risques.

"Consternés"

C'est la "consternation" du côté des acteurs fribourgeois concernés (Canton, institutions pour personnes âgées et pharmaciens). Leur système, en vigueur depuis une quinzaine d'années, était selon eux efficace, adéquat et économique.

En 2016, le coût en médicaments par journée et par résident s’élevait à 4,80 francs à Fribourg alors que la moyenne suisse était de 8,55 francs. Cette économicité s’expliquait notamment par des achats en gros.

Les Fribourgeois ont proposé une adaptation de leur système permettant de livrer quand même des données. Mais les assureurs n'ont pas admis la solution proposée. Ils ont eux-mêmes formulé des alternatives, mais toutes se sont avérées "impraticables et plus onéreuses", selon les partenaires fribourgeois.

Hausse des coûts

Dès le 1er juillet 2018, les EMS fribourgeois s’approvisionneront donc en médicaments auprès des pharmacies publiques, au prix public et sans assistance pharmaceutique. L’abandon de la solution fribourgeoise provoquera une hausse annuelle de 3,6 millions de francs, qui se répercutera sur les primes des assurés, déplorent les partenaires fribourgeois.

"Si (les assureurs maladie) avaient été un peu soucieux des coûts de la santé, ils auraient fait des efforts pour soutenir la solution fribourgeoise qui, à bien des égards, est novatrice et pratiquement la plus économique en Suisse", a regretté le pharmacien cantonal Laurent Medioni sur les ondes de la RTS mardi.

Cette situation imposée par les assureurs maladie est absolument inacceptable et va mener à des discussions politiques

Laurent Medioni, pharmacien cantonal à Fribourg. [fr.ch]
Laurent Medioni

Selon lui, celon démontre la difficulté à concilier les intérêts privés des assureurs et ceux des assurés: "Cette situation imposée par les assureurs maladie est absolument inacceptable et va mener à des discussions politiques parce qu'elle ne peut pas se reproduire X fois. C'est un cas d'école."

hend avec ats

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