Modifié le 07 février 2018 à 16:00

Un pédophile suisse présumé actif en Thaïlande devant la justice à Bulle

Pattaya, en Thaïlande, où l'accusé tenait un bar.
Pattaya, en Thaïlande, où l'accusé tenait un bar. [BARBARA WALTON - EPA/]
Le procès d'un pédophile suisse soupçonné d'avoir exploité sexuellement plus de 80 garçons en Thaïlande peut se poursuivre. Le Tribunal pénal de la Gruyère a rejeté l'argument de la défense qui remettait en cause la compétence de la Cour.

L'avocat du prévenu avait invoqué à l'ouverture du procès le principe "ne bis in idem": nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été acquitté ou condamné. Or, son client avait été acquitté au bénéfice du doute par un tribunal en Thaïlande en 2014.

Mais les faits jugés à l'époque ne concernaient qu'une victime, durant une période limitée à l'été 2005. Le matériel photographique saisi n'avait pu être utilisé que comme indice pour la cause jugée, et non comme preuve de faits supplémentaires, a expliqué mercredi la présidente de la Cour.

Trois enquêteurs à la barre

Trois enquêteurs de la police fribourgeoise sont venus à la barre pour décrire leurs investigations. Ils sont allés en Thaïlande interroger des témoins et victimes.

Quand les jeunes découvraient les photos sur lesquelles ils figuraient, ils ressentaient de la gêne. C'était compliqué pour eux d'en parler, raconte un enquêteur.

ats/pym

Publié le 07 février 2018 à 13:22 - Modifié le 07 février 2018 à 16:00

Auditions pénibles

Les auditions du prévenu ont été pénibles. Il esquivait ou déviait continuellement les questions ou cherchait à mettre la faute sur d'autres.

Il disait que les enfants "jouaient" ensemble, et qu'il prenait alors son appareil photo car c'était "sympa". Il ajoutait que, pour lui, c'était un peu comme être dans un supermarché lors d'achats compulsifs, et qu'il aurait dû jeter ces photos.

"Il n'arrêtait pas de dire que nous ne pouvions pas comprendre la mentalité thaïe", selon un enquêteur. Il dénigrait les victimes, disant qu'officiellement c'était comme si elles n'existaient pas puisqu'elles n'avaient pas de carte d'identité.