Modifié le 02 avril 2012 à 20:36

Le policier qui avait tué un jeune Français sur l'A1 sera jugé

Le lieu du drame: le tunnel de Sévaz, sur l'autoroute entre Payerne et Estavayer-Le-Lac.
Le lieu du drame: le tunnel de Sévaz, sur l'autoroute entre Payerne et Estavayer-Le-Lac. [ - ]
Le policier impliqué dans la mort d'un jeune Français sur l'A1 dans le canton de Fribourg devra comparaître devant la justice. Le Tribunal fédéral a annulé le classement de l'affaire.

Le Tribunal fédéral (TF) a annulé la décision de classement de la justice fribourgeoise dans l'affaire du tir fatal sur l'autoroute A1 le 17 avril 2010. Le policier impliqué devra comparaître devant la justice fribourgeoise.


Plainte du jumeau du défunt

Les juges fédéraux ont accepté le recours du frère jumeau de la victime. Ce ressortissant français avait déposé plainte pénale contre un policier vaudois pour meurtre, homicide par négligence ou mise en danger de la vie d'autrui. Passager d'une voiture volée à Lyss (BE), la victime avait été tuée par le coup de feu de ce policier. Alerté par la police fribourgeoise, l'agent venait de monter avec ses collègues un barrage sur l'autoroute A1, dans le tunnel de Sévaz.


En octobre dernier, le Tribunal cantonal fribourgeois avait confirmé le classement de la plainte déposée par le frère jumeau. Il avait relevé que l'agent avait visé le bas du véhicule. Rien ne permettait, selon l'autorité cantonale, de retenir une intention de tuer. Tireur entraîné, le policier ne disposait que de peu de temps pour prendre sa décision. Voyant arriver le véhicule à grande vitesse, il s'était senti menacé.


Défenseur du frère jumeau, l'avocat genevois Jean-Pierre Garbade avait contesté cette appréciation. Il avait affirmé que l'agent n'avait pu ajuster ses coups de feu en raison de la vitesse du véhicule. Selon l'avocat genevois, la Cour cantonale aurait retenu la légitime défense en méconnaissant le fait que le véhicule arrivait sur la gauche et que l'agent aurait créé le danger en se positionnant au milieu de la chaussée.


Idem que pour Skander Vogt

En dernière instance, le TF critique, à l'instar des considérants rendus tout dernièrement dans l'affaire Skander Vogt (Lire: Non-lieu annulé dans l'affaire du décès de Skander Vogt), une application prématurée du principe selon lequel le doute doit profiter à l'accusé. En l'espèce, au stade de la décision de renvoi devant un tribunal, "il n'est pas possible de retenir qu'il n'existe aucun soupçon justifiant une mise en accusation ou que les éléments d'une infraction ne seraient manifestement pas réunis", souligne le TF.


Mon Repos renvoie tout le dossier au Ministère public du canton de Fribourg, qui devra engager l'accusation devant un tribunal après avoir, le cas échéant, complété l'instruction. L'Etat de Fribourg devra payer 2000 francs d'indemnité au frère jumeau de la victime et la même somme au conducteur de la voiture volée, qui avait lui aussi recouru contre la décision de classement.


ats/dk


Publié le 02 avril 2012 à 12:34 - Modifié le 02 avril 2012 à 20:36