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Swisscom renonce à une antenne 5G près de la maison d'Alain Berset

Le conseiller fédéral Alain Berset s’est opposé à la construction d’une antenne 5G près de chez lui
Le conseiller fédéral Alain Berset s’est opposé à la construction d’une antenne 5G près de chez lui / 19h30 / 2 min. / le 25 août 2022
Un permis de construire pour une antenne 5G dans la commune de Belfaux (FR) a été abandonné par Swisscom après l'opposition présentée par des riverains, dont fait partie le conseiller fédéral Alain Berset. L'opérateur explique sa décision, rare, par un préavis négatif du Service des biens culturels.

Alain Berset, domicilié à Belfaux, ainsi que trois membres de sa famille ont formulé en 2018 auprès de la commune, en tant que citoyens, une opposition à la construction par Swisscom d'une antenne 4G, ont révélé mercredi les quotidiens La Liberté et le Blick. Celle-ci aurait pu par la suite être transformée en antenne 5G sans nouvelle mise à l'enquête.

Milieux anti-5G surpris par ce succès facile

Le succès de la démarche a étonné les milieux anti-5G. "Depuis trois ans, j'ai déposé cinquante oppositions et normalement, quand tout est en règle, ils ne reviennent pas en arrière", a expliqué jeudi à Keystone-ATS la présidente de l'association Stop 5G Glâne Chantal Blanc.

Avec son association, la Zuricho-Jurassienne a eu accès aux dossiers de la commune de Belfaux au titre de la Loi sur l’information. Elle a décidé de les remettre aux deux médias dans un but bien précis: "Une motion PLR, qui pourrait faire augmenter les valeurs limites d'installation de 5 volts par mètre jusqu’à 20 v/m, va être traitée prochainement au Parlement et nous souhaitions attirer l'attention médiatique", explique-t-elle.

Chantal Blanc tient néanmoins à préciser que sa démarche ne visait en aucun cas à remettre Alain Berset sur le devant de la scène. "Nous ne voulons pas l'embêter, mais plutôt montrer comment Swisscom a mollement abandonné ce projet", affirme-t-elle.

Impact négatif sur la santé souligné

Le Département fédéral de l'intérieur (DFI) a réagi en publiant une prise de position qui indique que "cette lettre, datant d’avril 2018 et signée - entre autres - par Monsieur Berset dans le cadre d’une procédure de mise à l’enquête, s’appuie essentiellement sur le fait que l’emplacement retenu pour la construction était jugé inadéquat".

Cette lettre de six pages fait aussi brièvement référence aux impacts négatifs des ondes électromagnétiques sur la santé. Or, elle est signée par le chef du Département de l'intérieur, qui comporte la Santé publique en son sein, ce qui interpelle. "Monsieur Berset a toujours estimé que le bon respect des normes de rayonnement est essentiel, car il permet d’écarter tout risque pour la santé, comme c’est le cas actuellement", s'est borné à répondre le DFI.

"Ce n'était pas le bon endroit"

Contacté, le porte-parole de Swisscom Christian Neuhaus, lui, assure que "c'est un préavis négatif du Service des biens culturels qui est la cause de cet abandon, et non la lettre d'Alain Berset".

"Nous avons émis un préavis défavorable en 2018 à cause de la présence de bâtiments d'importance nationale. Du point de vue de l'espace public et de la loi fribourgeoise, nous estimions que ce n'était pas le bon endroit", a confirmé le chef du Service des biens culturels du canton de Fribourg Stanislas Rück.

Bâtiments d'importance nationale

Les bâtiments en question sont deux manoirs, dont celui d'Alain Berset et de sa famille, ainsi que la laiterie de Belfaux. Stanislas Rück précise encore que "le Service des biens culturels n'a fait qu'émettre un préavis négatif et que la décision finale est revenue au Service des constructions et de l'aménagement".

Swisscom a finalement jeté son dévolu sur un autre emplacement. Soulignant que la situation à Belfaux est urgente, "mais comme partout", Christian Neuhaus s'est dit réjoui qu'une solution ait été trouvée grâce au projet d’un site partagé avec Sunrise près du terrain de football de la commune.

ats/vic

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