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La place de l'allemand au coeur du débat sur la fusion du Grand Fribourg

Une vue sur la ville de Fribourg. [Martin Ruetschi - Keystone]
Inquiétudes autour de l'allemand dans le projet de fusion du Grand Fribourg / La Matinale / 1 min. / lundi à 06:00
La place de l'allemand fait débat dans le projet de fusion du Grand Fribourg, qui sera soumis à un vote consultatif le 26 septembre prochain. Certains opposants craignent une avancée rampante de l'allemand en terres francophones.

Dans le projet de fusion, il est notamment question d'autoriser la langue de Goethe dans les débats politiques et les contacts avec l'administration, mais sans reconnaître officiellement la langue allemande. On parle alors de "bilinguisme pragmatique".

>> Relire : Un vote consultatif le 26 septembre sur la constitution d'un Grand Fribourg

Cette approche interroge toutefois passablement de monde, notamment chez les personnes qui y voient une avancée inexorable de la langue allemande en terres francophones.

Antoine Geinoz, président de la Communauté romande du pays de Fribourg, partage cet avis dans La Matinale: "Ce qui nous inquiète, ce sont les conséquences probables d'une bilinguisation du Grand Fribourg. C'est-à-dire que ça va certainement attirer beaucoup de germanophones, qui seront finalement totalement chez eux ici, puisqu'ils pourront s'exprimer dans leur langue avec les autorités, l'administration et l'école."

Pour certains opposants au projet de fusion du Grand Fribourg, ce bilinguisme pragmatique constituerait une rupture nette des équilibres linguistiques séculaires qui ont permis d'assurer la paix des langues dans la région fribourgeoise.

"La part d'Alémaniques a diminué"

Les tenants du bilinguisme pragmatique estiment de leur côté que l'identité des francophones n'est absolument pas en péril.

La députée Verte au Grand Conseil fribourgeois Christa Mutter se veut rassurante: "Non, ce n'est pas une réalité, l'allemand est plutôt en recul, la population alémanique dans le canton a diminué d'un quart depuis une vingtaine d'années. Aujourd'hui, ils représentent à peine plus de 20% de la population. Ça se confirme aussi dans le Grand Fribourg."

Cette question des langues crispe passablement de monde dans les neuf communes qui sont appelées à s'exprimer le 26 septembre prochain sur ce projet de fusion. Cela reste un thème très émotionnel.

>> Revoir le sujet du 19h30 sur cette votation:

Le 26 septembre, neufs communes se prononceront sur la fusion du Grand-Fribourg. [RTS]
Le 26 septembre, neufs communes se prononceront sur la fusion du Grand-Fribourg. / 19h30 / 2 min. / le 10 septembre 2021

Maurice Doucas/asch

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