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Comment la droite fribourgeoise tire sur son gouvernement de droite

Le Conseil d'Etat fribourgeois photographié après l'élection complémentaire le 17.03.2018. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Comment la droite fribourgeoise tire sur son gouvernement de droite / La Matinale / 2 min. / le 2 juin 2020
Depuis le début de la législature, les députés fribourgeois ont utilisé une quarantaine de fois le mandat parlementaire pour s'opposer au gouvernement. Et c'est singulièrement la droite qui l'utilise le plus face à un exécutif majoritairement du même bord.

Le mandat parlementaire est une sorte d'arme de défiance vis-à-vis du Conseil d'Etat, puisqu'il l'oblige à corriger le tir sur un sujet. Et jamais autant n'avaient été déposés que depuis 2016, une situation inédite dans les annales du canton de Fribourg.

La situation est encore plus particulière puisque ces mandats proviennent largement de la droite, pourtant largement majoritaire au Conseil d'Etat avec trois PDC et deux radicaux sur sept membres. La logique voudrait pourtant que ce soit l'opposition, donc la gauche, qui brandisse cet outil.

"Les conseillers d'Etat n'agissent pas"

"C'est clair que du côté de l'opposition, on est fondés à faire plus de mandats puisqu'on n'a pas toutes les manettes dans les mains", fait remarquer le député Vert Bruno Marmier mardi dans La Matinale. "Mais de voir que les partis qui ont tous les leviers de pouvoir dans les mains utilisent encore ce genre d'outil parlementaire, c'est une vraie défiance à l'endroit du Conseil d'Etat. Donc évidemment, les états-majors des partis concernés se sentent un peu obligés de gesticuler pour donner l'impression qu'ils agissent puisque leurs conseillers d'Etat n'agissent pas".

Un outil de coopération "constructif"

Le diagnostic du député pour les autorités est lapidaire mais la droite, elle, relativise: "Il faut voir ça d'une façon constructive et positive", explique le chef du groupe PDC au Grand Conseil Hubert Dafflon. "C'est vrai qu'il y a beaucoup d'interventions parlementaires, surtout beaucoup de mandats. Le mandat, c'est vrai, est assez intrusif comme mode de coopération, parce que l'on impose au gouvernement une chose qui est de sa compétence. Mais il faut voir ça sous un aspect extrêmement constructif".

Quoi qu'il en soit, et au-delà de la politique politicienne, jamais autant de mandats parlementaires n'auront été déposés au cours d'une seule et unique législature. Le travail du gouvernement fribourgeois est sous haute surveillance - y compris celle des partis de droite.

Fabrice Gaudiano/oang

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