Modifié le 07 février 2020 à 19:32

Mgr Charles Morerod défend sa gestion dans l'affaire du curé de Fribourg

De nouvelles révélations alourdissent le climat à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.
De nouvelles révélations alourdissent le climat à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. 19h30 / 2 min. / le 05 février 2020
Alors que le curé de la cathédrale de Fribourg Paul Frochaux fait face à une deuxième accusation d'abus sexuels, l'évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod conteste avoir été au courant des faits depuis 2011, comme le prétend le quotidien alémanique Tages Anzeiger.

Accusé par le Tages-Anzeiger de n'avoir pas fait tout ce qu'il aurait dû pour faire la lumière sur la deuxième accusation d'abus sexuel à laquelle fait face le curé de la cathédrale de Fribourg Paul Frochaux, l'actuel évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod a contesté ces accusations dans l'émission Forum de la RTS mercredi.

"Quand on dit que je savais depuis 2011 (soit avant la nomination de Paul Frochaux à la cathédrale de Fribourg en 2012, ndlr), je ne sais pas sur quoi on se base. La première fois que j'ai entendu quelque chose, sans grands détails, c'est Paul Frochaux qui m'a dit en 2016: 'j'ai eu une fois une affaire avec un homme adulte, et je voulais te le dire'", s'est défendu l'évêque, qui conteste absolument avoir été au courant du fait que l'homme en question était mineur.

>> Plus d'infos sur cette deuxième affaire dans notre article: Le curé de la cathédrale de Fribourg face à une nouvelle accusation d'abus sexuel

"Je pensais qu'elle avait été réglée à l'amiable"

"Ce serait faux de cacher une chose pareille", poursuit Charles Morerod, qui explique que si cette affaire en est restée là, c'est parce qu'il pensait qu'elle avait été réglée à l'amiable après une confrontation entre Paul Frochaux et le plaignant, au début des années 2000. Au cours de cette rencontre, Paul Frochaux a demandé pardon à la victime, détaille encore l'évêque, qui reconnaît "qu'il doit y avoir une raison" à ces excuses, même si "ça n'apparaît pas dans le PV de l'époque".

Pourquoi, dès lors, ne pas avoir mené lui-même l'enquête? "Je préfère que de telles enquêtes soient menées par des personnes indépendantes. C'est le cas de celle menée par Me Harari", a-t-il répondu, faisant référence à l'avocat externe mandaté par l'église après la première accusation contre Paul Frochaux. Confirmant avoir été contacté par un journaliste du Tages Anzeiger en décembre dernier, il confie: "J'étais tellement confiant que je me suis dit: 'Autant laisser le journal faire son enquête'".

Coup de massue pour les catholiques fribourgeois

Contactées mercredi par la RTS, les personnes actives dans l'église répètent toutes la même chose: elles expliquent, très embarrassées, qu'il faut attendre les conclusion de l'enquête. Mais tout le monde reconnaît que cela commence à faire un peu beaucoup pour la même personne.

>> Lire à ce sujet: Une affaire de harcèlement sexuel présumé ébranle le diocèse de Fribourg

Le choc est d'autant plus grand que le curé de la cathédrale de Fribourg Paul Frochaux était généralement très estimé dans les milieux religieux. C'est quelqu'un qui a laissé de bons souvenirs dans les paroisses de Morges ou de Vevey, où il a passé. On le décrit comme quelqu'un de jovial et de sympathique, voire comme "une figure de l'Eglise catholique romande", a confié un proche de l'église.

Contacté par la RTS plus tôt dans la journée, le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a réaffirmé sa tolérance zéro en matière d'abus sexuels, raison pour laquelle il a suspendu l'ecclésiastique, qui bénéficie toujours de la présomption d'innocence.

Sujet radio: Maurice Doucas
Adaptation web: Vincent Cherpillod

Publié le 05 février 2020 à 19:44 - Modifié le 07 février 2020 à 19:32