Modifié le 25 mars 2018

Les Bernois votent pour renouveler leur Parlement et leur gouvernement

Le Conseil-exécutif sortant avec Barbara Egger-Jenzer, Hans-Juerg Kaeser, Christoph Neuhaus, Bernhard Pulver, Beatrice Simon, Christoph Ammann et Pierre Alain Schnegg.
Le Conseil-exécutif sortant avec Barbara Egger-Jenzer, Hans-Juerg Kaeser, Christoph Neuhaus, Bernhard Pulver, Beatrice Simon, Christoph Ammann et Pierre Alain Schnegg. [Peter Schneider - Keystone]
A peine sortis de l'effervescence liée au vote de Moutier, la population du Jura bernois et le reste du canton se rendent dimanche aux urnes pour élire les autorités cantonales. Et le siège de la minorité francophone est au centre de l'attention.

Le Conseil-exécutif bernois sera quoi qu'il arrive largement bouleversé puisque trois des sept conseillers d'Etat sortants ne se représentent pas, à savoir l'écologiste Bernhard Pulver, la socialiste Barbara Egger-Jenzer et le libéral-radical Hans-Jürg Käser.

Les quatre autres membres de l'exécutif sortant sont en lice pour un nouveau mandat: les UDC Pierre Alain Schnegg et Christoph Neuhaus, le socialiste Christoph Ammann et la PBD Beatrice Simon.

Deux alliances face à face

Avec quatre sièges actuellement (2 UDC, 1 PLR, 1 PBD) contre trois à gauche (2 PS, 1 Vert), le camp bourgeois espère conserver sa majorité. Pour ce faire, il reconduit une alliance UDC-PLR-PBD-UDF qui a déjà fonctionné avec les trois sortants sur une liste commune avec le candidat PLR Philippe Müller.

L'alliance rose-verte lance de son côté un ticket à quatre pour tenter de renverser la donne. Le PS présente le sortant Christoph Ammann, la conseillère nationale Evi Allemann ainsi que le francophone du Jura bernois Christophe Gagnebin. La Verte Christine Häsler complète la liste.

Au final, selon les spécialistes, il semble probable que la gauche va sans trop de problème conserver trois sièges (Ammann, Allemann et Häsler), tout comme la droite (Neuhaus, Simon, Müller). Reste le septième fauteuil, qui est garanti à un représentant du Jura bernois par la Constitution cantonale et qui devrait sauf surprise revenir à la droite.

L'UDC face à un PS divisé dans le Jura bernois

Une lutte à trois se dessine en effet dans la partie francophone du canton. Le favori est sans conteste l'UDC Pierre Alain Schnegg, l'homme par qui la majorité gouvernementale bernoise avait basculé à droite en 2016 lors d'une élection complémentaire. Et en moins de deux ans, le politicien s'est affirmé au sein de l'exécutif tout en faisant passer plusieurs mesures d'économies dans le social.

Face à lui, la gauche part divisée, car elle reste engluée dans la question jurassienne avec deux candidats socialistes qui se font concurrence. Le Parti socialiste du Jura bernois lance Christophe Gagnebin sur la liste de l'alliance de gauche, alors que le Parti socialiste autonome, formation pro-jurassienne essentiellement implantée à Moutier, a choisi de partir au combat avec Maurane Riesen.

Pour les 100'000 francophones du canton, cette élection est aussi celle de l'incertitude, car si le siège de la minorité est garanti, la langue française pourrait pâlir de ce renouvellement des autorités. D'une part parce que le Vert Bernhard Pulver, qui quitte l'exécutif, est connu pour sa francophilie et, d'autre part, parce que pour la plupart des candidats, quel que soit le parti, la maîtrise du français est plutôt approximative. Et le départ de Moutier dans le canton du Jura à l'horizon 2021 pourrait encore fragiliser la minorité.

Quatre femmes et douze hommes

Au final, ce sont quatre femmes et douze hommes qui sont en lice pour les sept sièges du gouvernement bernois, car il faut encore ajouter dans la liste plusieurs candidats dont les chances d'être élus semblent très minces.

Parmi eux figurent le Vert'libéral Michael Köpfli, Hans Kipfer du Parti évangélique, un représentant de l'extrême droite, Nuoffer Yannic, qui porte les couleurs du Parti national suisse (Pnos), et deux membres du Parti pirate, Jorgo Ananiadis et Alfred Blaser.

Stefan Theiler, de la Swiss Rebel Force, et un habitué des élections, le sans-parti Bruno Moser, complètent la liste.

>> Lire aussi: Le débat entre les candidats romands au Conseil d'Etat bernois

Frédéric Boillat

Publié le 25 mars 2018 - Modifié le 25 mars 2018

2111 candidats pour le Grand Conseil

Concernant les élections au Grand Conseil, ce sont 2111 candidats répartis sur 146 listes qui sont en course pour repourvoir les 160 sièges du législatif. Il s'agit de 729 femmes et 1382 hommes, a indiqué la Chancellerie cantonale début janvier.

Ces chiffres sont en hausse par rapport aux dernières élections, puisqu'il y a 4 ans, 1905 prétendants au Parlement cantonal s'étaient lancés sur un total de 127 listes. Parmi les députés sortants, 137 se représentent, soit 85,6%, un taux en légère baisse.

Dans le Jura bernois, 107 prétendants sur 11 listes sont en lice: l'UDC avec 12 candidats, le PLR (12), le Parti évangélique (12), le Jeune Parti évangélique (6), le Parti socialiste Femmes engagées (9), le Parti socialiste (9), l'UDF (10), le Parti socialiste autonome (12), Les Verts (11), le PDC (12) et les Vert'libéraux (2).

Un éventuel second tour aura lieu le dimanche 29 avril.

Le Conseil du Jura bernois aussi reconduit

L'élection du Conseil du Jura bernois, l'organe chargé de défendre les intérêts de la population de la région francophone, se déroulera également le 25 mars. Un total de 136 candidats sont en lice pour les 24 sièges disponibles. Ce scrutin se dispute dans trois cercles électoraux: Courtelary, Moutier et La Neuveville).

Les onze mandats correspondant au cercle de Courtelary attirent 57 candidats sur 6 listes. Pour les dix mandats de Moutier, ce sont 62 prétendants sur 7 listes. Et pour les trois de La Neuveville, ce sont 17 personnes sur 6 listes.