Modifié le 29 septembre 2017

Le prédicateur controversé de Bienne perd définitivement son droit d'asile

L'entrée de la mosquée Ar'Rahman à Bienne.
L'entrée de la mosquée Ar'Rahman à Bienne. [Peter Klaunzer - Keystone]
Le prédicateur controversé de la mosquée Ar'Rahman à Bienne perd définitivement sa qualité de réfugié et son droit d'asile. Le Tribunal administratif fédéral a confirmé une décision du Secrétariat d'Etat aux migrations.

Dans son arrêt, le Tribunal administratif fédéral (TAF) constate que l'imam, qui avait obtenu l'asile en Suisse en 1998, est en possession d'un passeport libyen. Depuis 2013, il s'est rendu légalement et ouvertement à 12 reprises en Libye.

La dernière fois, en 2017, le voyage a duré plus d'un mois. L'homme n'a jamais été inquiété par les autorités libyennes, souligne le TAF. L'intéressé savait qu'un réfugié reconnu ne doit pas se rendre dans son Etat d'origine, indique l'instance judiciaire.

A Berne de se prononcer sur son permis C

Le TAF rappelle toutefois que la révocation du droit d'asile n'a pas d'effet juridique sur l'autorisation de séjour.

L'éventuelle suppression d'une telle autorisation relève d'une procédure devant les autorités cantonales puis, cas échéant, fédérales. En l'occurence, comme le prédicateur est domicilié à Nidau (BE) et qu'il bénéficie d'un permis d'établissement C, il appartiendra aux autorités bernoises de se prononcer.

ats/tmun

Publié le 29 septembre 2017 - Modifié le 29 septembre 2017

Des propos haineux en cause

Le prédicateur libyen a défrayé la chronique ces derniers mois après la parution d'articles dans les quotidiens Bund et Tages Anzeiger, qui révélaient que l'homme a tenu des propos haineux. L'intéressé a entre-temps contesté ces accusations.

Il a affirmé n'avoir jamais prié Allah "d'anéantir les juifs, les chrétiens, les Russes et les chiites". Le Bund et le Tages-Anzeiger soutiennent que la traduction de ses propos haineux a fait l'objet de plusieurs vérifications.

La justice bernoise a récemment ouvert une enquête préliminaire contre le prédicateur. Le dossier a été confié au Ministère public régional Jura bernois-Seeland, qui est chargé d'examiner si les propos tenus par le prédicateur peuvent tomber sous le coup du code pénal.